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Peine ferme confirmée pour l'ex-super flic Michel Neyret

Peine ferme confirmée pour l'ex-super flic Michel Neyret
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - La Cour d'appel de Paris a condamné mardi l’ancienne star de la police lyonnaise Michel Neyret à quatre ans de prison, dont 18 mois avec sursis, pour association de malfaiteurs, corruption, trafic d'influence et de stupéfiants et détournement de scellés.

Il lui est également définitivement interdit d'exercer la profession de fonctionnaire de police.

Compte tenu des huit mois de détention provisoire qu'il a déjà effectués, sa peine est cependant aménageable et il ne devrait pas retourner en prison.

Il était accusé d’avoir franchi la frontière entre "flics et voyous" en acceptant de luxueux cadeaux de membres du milieu en échange de services illégaux et d’avoir détourné de la résine de cannabis pour rémunérer des informateurs.

Cette affaire avait créé un traumatisme dans la police et relancé le débat sur la gestion des indicateurs.

En juillet 2016, il avait été condamné à 30 mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Paris, qui l'avait relaxé de l'accusation d'association de malfaiteurs. Le procureur de la République de Paris avait alors fait appel.

Contacté par Reuters, Michel Neyret a regretté que cet appel lui ait fait perdre deux ans. La peine prononcée mardi est en effet conforme à ce qui avait été requis en première instance par le ministère public en 2016.

La Cour d'appel n'a en revanche pas infligé d'amende à Michel Neyret, contrairement à ce qu'avait requis cette fois le ministère public.

"Le plus important pour moi, c'est l'absence d'amende, ce qui démontre que les magistrats ont peut-être considéré que cette affaire, c'est peut-être des méthodes de travail qui ont dérapé mais pas inspirées par un enrichissement personnel", a-t-il expliqué à Reuters lors d'un entretien téléphonique.

ADAPTATION CINÉMATOGRAPHIQUE

Aujourd'hui âgé de 62 ans, Michel Neyret avait accumulé les succès dans ses enquêtes et fait tomber nombre de délinquants de haut vol de 1983-2004, quand il officiait comme commissaire de la Brigade de recherche et d'intervention (BRI) de Lyon.

Une carrière récompensée par sa promotion au grade de commissaire divisionnaire, puis, en 2007, au poste d'adjoint du directeur interrégional de la police judiciaire, mais brisée en 2011 par son arrestation par l’IGS, la police des polices.

"J'ai expliqué toutes ces années que j'avais le culte du renseignement, la culture de l'informateur. J'entretenais avec ces informateurs des relations de proximité qui m'ont peut-être valu de commettre un certain nombre d'erreurs et de fautes", a expliqué Michel Neyret à Reuters.

Michel Neyret aide aujourd'hui son épouse à gérer un hôtel de la région de Vienne, dans l'Isère, et travaille avec le cinéaste Olivier Marchal à une adaptation au cinéma de son livre, "Flic", dans lequel il revient sur sa carrière.

Jugé en même temps que lui, l’indicateur Stéphane Alzraa, en fuite, a pour sa part été condamné à trois ans d'emprisonnement (contre deux en première instance) et 250.000 euros d’amende, peine assortie d'un mandat d’arrêt.

Un ancien subordonné de Michel Neyret, Gilles Guillotin, relaxé en première instance, a été cette fois condamné à huit mois de prison avec sursis. La Cour d'appel a en revanche confirmé la relaxe d'un autre ex-subordonné, Christophe Gavat.

(Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)


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