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Pédophilie: les évêques de France font leur examen de conscience

Pédophilie: les évêques de France font leur examen de conscience
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Les évêques de France ont procédé samedi à un examen de conscience en entendant pour la première fois de leur histoire en Assemblée plénière des victimes d'actes de pédophilie, volonté de renouer le dialogue et d'éviter que de tels comportements ne se reproduisent.

Les quelque 120 évêques qui composent la Conférence des évêques de France ont recueilli samedi à Lourdes (Hautes-Pyrénées) les témoignages de sept victimes d'actes de pédophilie commis par des membres du clergé, lors leur Assemblée plénière qui se tient deux fois par an.

"Même si nous savons que ce drame des enfants abusés dans notre société déborde amplement la responsabilité d'acteurs ecclésiaux, cela ne diminue en rien notre peine, notre honte et notre confusion", a déclaré Mgr Georges Pontier, président de la Conférence des évêques de France et archevêque de Marseille, dans son discours d'ouverture.

"Si notre désir est de comprendre les raisons qui ont pu permettre que cela ait pu avoir lieu (...) nous ne cherchons en rien à la justifier", a-t-il ajouté. "Nous avons désiré et prévu de nous mettre en situation d'écoute et de réflexion avec quelques-unes" des victimes, même si, dit-il, "la formule proposée, comme toute formule, possède des limites".

Il précise vouloir que ce dialogue se poursuive. "Nous avons besoin de le faire ensemble pour nous éclairer, pour prendre notre juste part dans la réparation humaine, spirituelle et ecclésiale de ce qui a été détruit dans leur chair et leur vie".

Il appelle à travailler "ensemble", à retrouver "la confiance minimale nécessaire pour y parvenir". "Nous sommes appelées à parcourir ensemble un chemin qui devra porter ses fruits pour les victimes et pour la vie ecclésiale", dit-il.

Dans une lettre sans précédent, le pape François avait demandé en août dernier aux catholiques du monde entier de contribuer à l'éradication "de cette culture de la mort".

"La douleur de ces victimes est une plainte qui monte vers le ciel, qui pénètre jusqu’à l’âme et qui, durant trop longtemps, a été ignorée, silencieuse ou passée sous silence", avait-il écrit.

Mgr Georges Pontier précise que l'église catholique française n'est pas "restée sans rien faire pour accompagner toujours mieux les victimes".

Elle a publié un rapport mardi dernier faisant état de 211 témoignages de victimes auprès des institutions ecclésiastiques entre janvier 2017 et octobre 2018. Sur les 211 témoignages, 75 ont fait l’objet d’un signalement au procureur.

L'ATTENTE DES VICTIMES

Le premier bilan, publié en janvier 2017, recensait 222 victimes entre 2010 et 2016.

Par ailleurs, 129 clercs (prêtres et diacres) ont été mis en cause par un témoignage, un signalement ou une plainte, selon ce rapport. Dix d’entre eux ont été mis en examen et quatre sont incarcérés.

"Je ne crois pas qu'il faut qu'on s'imagine tout régler en une seule fois. On a une rencontre qui est quand même assez courte dans le temps", a déclaré Véronique Garnier, abusée par un prêtre à l'âge de 13 ans, qui a été invitée à témoigner.

"Aujourd'hui, ce n'est pas un aboutissement, c'est plutôt le début d'un travail en commun avec les évêques. J'espère beaucoup que ce dialogue entamé aujourd'hui (...) va nous mener à d'autres rencontres", a-t-elle dit sur BFMTV.

Le président de l'association "La parole libérée", François Devaux, a pour sa part refusé de témoigner.

"On peut mettre en place toutes les rencontres qu'on veut et tous les groupes de travail, (...) si recevoir les victimes au sein de l'hémicycle pour une prise de parole créé autant de dissension en interne, ça témoigne bien que l'état d'esprit n'y est pas", a-t-il dit vendredi sur BFMTV.

"Dès lors, on reste dans l'écoute emphatique et on ne met pas en place les réformes qui s'imposent pour faire transparence sur la réalité de ce fléau", a-t-il ajouté.

Le pape François réunira les présidents des conférences épiscopales du monde entier du 21 au 24 février prochain au Vatican pour étudier les moyens de protéger les enfants et les adultes vulnérables contre les agressions sexuelles.

(Caroline Pailliez, édité par Eric Faye)


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