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Pas de condamnation requise dans l'affaire Preynat

Pas de condamnation requise dans l'affaire Preynat
Crédit photo © Reuters

LYON (Reuters) - Le procureur de la République n'a pas requis de condamnation mercredi contre le cardinal Barbarin et les cinq membres de son entourage cités à comparaître pour "non-dénonciation d'agressions sexuelles sur mineurs" dans l'affaire Preynat.

Le procureur de la République, Charlotte Chabut, qui n'est pas intervenue dans les débats ouverts depuis lundi, a adopté une position conforme à celle du parquet, qui avait classé sans suite le 1 août 2016, l'enquête ouverte contre le responsable du diocèse de Lyon accusé de n'avoir pas dénoncé à la justice les agissements de Bernard Preynat, un prêtre mis en examen pour des actes de pédophilie sur de jeunes scouts.

"C'est le procès des parties civiles", a-t-elle dit en rappelant que les victimes du père Preynat avaient usé de citations directes pour amener le cardinal Barbarin et son entourage à comparaître.

"Le ministère public partage une grande partie des analyses des parties civiles sur le plan sociétal", a-t-elle ajouté en précisant asseoir sa demande de non-condamnation sur la prescription des faits de "non-dénonciation d'agressions sexuelles" d'une part et la non-constitution d'infraction des faits de non-assistance à personne en péril d'autre part.

"Si des éléments nouveaux étaient apparus au cours de ce procès, le parquet aurait pu prendre des réquisitions de poursuite", a-t-elle assuré. "Depuis 1991, on aurait pu découvrir des victimes ou des comportements anormaux de Bernard Preynat, mais ce n'est pas le cas."

Pendant toute la journée, les plaidoiries des parties civiles se sont attachées à démontrer que le cardinal Barbarin était informé du comportement pédophile du père Preynat bien avant 2014, contrairement à ce qu'il affirme.

"Il est évident qu'il savait bien avant 2014. En 2002 ? 2007 ? 2008 ? 2010 ? C'est une certitude, il avait la connaissance qui devait entraîner une dénonciation au regard de la loi", a déclaré Jean Boudot, avocat des parties civiles.

"Cardinal Barbarin, vous êtes un menteur quand vous dites avoir appris les faits en 2014 !" a lancé l'avocat au primat des Gaules en rappelant qu'en 2010 le cardinal avait eu un entretien avec le père Preynat sur le sujet de son comportement.

L'avocat a encore accusé de mensonges le représentant de l'Eglise de France qui avait assuré à la barre avoir incité une victime, Alexandre Hezez à se rapprocher de victimes "non prescrites" afin de pouvoir engager une action judiciaire.

Alexandre Hezez avait démenti formellement cette version des faits et a assuré que le cardinal n'était jamais allé en direction d'une action publique.

Philippe Barbarin a déclaré lundi n'avoir jamais cherché à cacher des faits de pédophilie. Il assure n'avoir été informé officiellement des agissements du père Preynat qu'en 2014, faisant fi des "rumeurs" qui circulaient pourtant sur cet homme.

(Catherine Lagrange, édité par Yves Clarisse)


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