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Paris et Tirana coopèrent pour freiner l'immigration albanaise

Paris et Tirana coopèrent pour freiner l'immigration albanaise

Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, a accueilli mardi quatre responsables de la police albanaise appelés à coopérer avec la France pour limiter l'immigration en provenance du pays, première origine des demandeurs d'asile l'an dernier.

Après une visite samedi à Agadez, au Niger, consacrée à la répression du trafic des êtres humains, le ministre de l'Intérieur a reçu mardi la vice-ministre de l'Intérieur albanaise Romina Kuko et sa délégation dans le cadre de la lutte contre l'immigration irrégulière, les filières de passeurs et la criminalité organisée albanaise.

L'envoi de quatre "officiers de liaison" albanais en France est l'aboutissement d'un plan conjoint lancé en juillet 2017, suivi de la signature d'un accord de coopération de sécurité à Tirana, la capitale albanaise, le 15 décembre dernier.

Les officiers seront affectés aux services territoriaux de la direction centrale de la police aux frontières à Metz et à Lyon, à la direction centrale de la police judiciaire et à la direction générale de la gendarmerie nationale.

Gérard Collomb et Romina Kuko ont salué de premiers résultats, avec une "tendance baissière" du nombre de demandes d'asile d'Albanais en France depuis l'automne 2017.

"En janvier 2018 et pour la première fois depuis un an, l'Albanie est passée en seconde position derrière l'Afghanistan en nombre de premières demandes", annonce Gérard Collomb dans un communiqué.

En parallèle, les expulsions d'Albanais en situation irrégulière ont progressé de 19% en 2017 par rapport à 2016, et de 36% pour les deux premiers mois de l'année par rapport à la même période de 2017.

LES DEMANDES DIVISÉES PAR DEUX EN EUROPE

L'Etat de l'ouest des Balkans, peuplé de 2,8 millions d'habitants et reconnu candidat à l'adhésion européenne en 2014, est le septième pays d'origine des demandeurs d'asile en Europe derrière la Syrie, l'Irak, l'Afghanistan, le Nigeria, le Pakistan et l'Erythrée, selon des données Eurostat publiées mardi.

Considérée comme "pays sûr" par les autorités françaises, l'Albanie y voit peu aboutir ses demandes d'asile, avec un taux de succès de 6,5% en 2017.

Tout pays confondus, les demandes d'asile ont été quasiment divisées par deux au niveau européen l'an dernier par rapport à 2016, pour retrouver des niveaux comparables à ceux enregistrés en 2014, avant les pics de 2015 et 2016, note Eurostat dans ce rapport qui fait état de 650.000 primo-demandeurs d'asile en 2017 contre 1.206.500 en 2016.

L'UE voit décroître les arrivées du fait notamment d'abruptes baisses en Allemagne (-73%), en Autriche, ainsi qu'aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, et malgré une hausse des premières demandes observée en France (+19%, 14.300 demandes de plus qu'en 2016), en Espagne, en Grèce et en Italie.

L'Allemagne a porté l'an dernier près du tiers des premières demandes (31%) suivie de l'Italie (20%) et de la France (14%).

En terme de "stock", c'est-à-dire la mesure de toutes les personnes ayant une demande en instance à la fin de l'année, l'Allemagne concentre la moitié des requêtes (48%), suivie de l'Italie (16%), de l'Autriche (6%) et la Suède (6%). Avec 38.405 demandes d'asile en instance fin 2017, la France est septième.

(Julie Carriat, édité par Yves Clarisse)


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