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Orban remporte haut la main un troisième mandat en Hongrie

Orban remporte haut la main un troisième mandat en Hongrie

Crédit photo © Reuters

par Krisztina Than et Gergely Szakacs

BUDAPEST (Reuters) - Viktor Orban a décroché dimanche un troisième mandat consécutif à la tête du gouvernement hongrois après la large victoire aux élections législatives de son parti, le Fidesz, bien parti pour conserver sa majorité des deux tiers au Parlement, selon les projections de la commission électorale.

Le dirigeant hongrois, tenant en Europe d'une ligne dure sur l'immigration, qui s'est présenté pendant la campagne électorale comme le garant des valeurs chrétiennes de son pays face à un afflux supposé de musulmans, a aussitôt revendiqué une victoire qui va lui permettre de "défendre la Hongrie".

"Nous avons gagné!", a clamé Viktor Orban devant une foule de partisans en liesse à Budapest. "La Hongrie a remporté une grande victoire", a-t-il ajouté en se félicitant du fait que le taux de participation élevé ait "effacé tous les doutes".

Le taux de participation a atteint 70%, soit davantage que lors des trois précédents scrutins.

Le parti d'Orban a obtenu 49,5% des voix au scrutin de liste nationale, d'après des résultats provisoires portant sur environ 93% des bulletins.

Les nationalistes du parti Jobbik arrivent à la deuxième place avec 20% des voix. Le président du parti d'extrême droite, Gabor Vona, a annoncé sa démission après ce score décevant.

Les socialistes du MSZP sont aussi en recul, à 11,85%. Toute la direction du parti a remis sa démission.

La large avance du Fidesz devrait lui permettre de conserver sa majorité qualifiée des deux tiers au Parlement avec 133 députés sur 199, selon les projections de la commission électorale. Le Jobbik aurait 26 sièges et les socialistes compteraient 20 élus.

SCRUTIN À UN TOUR

Peu avant l'annonce des résultats préliminaires, le chef du groupe parlementaire du parti au pouvoir, Gergely Gulyas, avait pourtant jugé une telle issue "improbable".

Les sondages pré-électoraux laissaient aussi penser que le Fidesz ne rééditerait pas ses raz-de-marée des législatives de 2010 et de 2014, même s'il était donné largement favori.

Après avoir voté dimanche, Viktor Orban, âgé de 54 ans, avait répété que l'avenir de la Hongrie était en jeu.

Les législatives sont disputées à un seul tour. Sur les 199 députés, 106 sont élus au scrutin uninominal à un tour. Les 93 autres le sont sur la base de listes de partis ou de minorités ethniques.

Le mode de scrutin, qui a été changé en 2010, est plus favorable au parti au pouvoir face à une opposition de gauche fragmentée et Jobbik. Le nombre total de sièges a été ramené de 386 à 199 en 2011. Le second tour a été supprimé, ce qui prive les partis de la possibilité de conclure des alliances entre les deux tours.

Viktor Orban, qui militait déjà comme jeune libéral à la fin des années 1980, a imposé au pays ce que ses détracteurs considèrent comme un style de plus en plus autoritaire.

Le Fidesz obtient son soutien le plus fort dans les petites villes et villages des campagnes, où l'essentiel de l'information est cadenassé par l'Etat. Les médias officiels ne cessent de diffuser les images de migrants provoquant des troubles dans des pays d'Europe occidentale.

"HOMOGÉNÉITÉ ETHNIQUE"

Dans le même temps, le Premier ministre hongrois bataille contre Bruxelles concernant la politique de quotas de migrants venus du Proche-Orient, estimant que la Hongrie chrétienne, qui n'a pas de véritable tradition d'immigration, doit préserver son "homogénéité ethnique".

Une victoire nette de Viktor Orban "renforcerait l'union des pays de Visegrad en matière de politique migratoire", estime le professeur Hendrik Hansen, expert de la scène politique européenne à l'université Andrassy de Budapest.

Le groupe de Visegrad rassemble quatre pays d'Europe centrale à la fois membres de l'Union européenne et de l'Otan : la Hongrie, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie.

La victoire d'Orban, a estimé lundi matin le vice-ministre polonais des Affaires étrangères, est "une confirmation de la politique d'émancipation de l'Europe centrale".

"Une émancipation qui n'est pas dirigée contre quiconque mais qui vise à rendre l'Europe centrale visible en tant que partenaire européen et partenaire de l'Union européenne très constructif", a ajouté Konrad Szymanski, qui est également l'ambassadeur de la Pologne auprès de l'UE.

Dans son discours de victoire dimanche, Viktor Orban a tout particulièrement remercié les dirigeants nationalistes polonais de leur soutien.

En France, la présidente du Front national Marine Le Pen a été l'une des premières à se réjouir du triomphe annoncé d'Orban. "L'inversion des valeurs et l'immigration de masse prônées par l'UE sont à nouveau rejetées", a-t-elle écrit sur Twitter. "Les nationaux peuvent être majoritaires en Europe aux prochaines #Européennes2019 !"

(Avec Sandor Peto et Marton Dunai; Eric Faye, Jean-Philippe Lefief, Henri-Pierre André et Tangi Salaün pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse)


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