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Orange annonce un retour à la normale sur les numéros d'urgence, des décès évoqués

Orange annonce un retour à la normale sur les numéros d'urgence, des décès évoqués
Crédit photo © Reuters

par Hayat GAZZANE

PARIS (Reuters) - Les numéros d'urgence en France (15,17,18 et 112) étaient à nouveau globalement joignables jeudi en fin de journée, au lendemain d'une panne massive qui a fortement perturbé les liaisons téléphoniques pendant plusieurs heures et à laquelle seraient potentiellement liés trois ou quatre décès.

"Pour nous, la situation est totalement normale, l'ensemble du trafic sur ces numéros d'urgence sur l'ensemble du territoire national fonctionne normalement", a assuré sur RTL le PDG d'Orange, Stéphane Richard, jeudi en fin de journée.

"Une nette amélioration de la situation a été constatée au cours de la journée. Le gouvernement a demandé à la société Orange de résoudre les derniers dysfonctionnements locaux qui ont pu être encore relevés", a de son côté déclaré le ministère de l'Intérieur dans un communiqué à l'issue d'une réunion de cellule interministérielle de crise.

Cette cellule "a décidé de maintenir les numéros alternatifs jusqu'à demain matin, pour ceux qui rencontreraient encore des difficultés à joindre un service d'urgence sur les numéros classiques", a ajouté le ministère, précisant qu'un nouveau point serait fait vendredi matin à 07h30.

Le patron de l'opérateur télécoms français a de son côté exclu l'hypothèse d'une attaque ou d'un acte de malveillance, expliquant que la panne n'était, a priori, pas non plus la conséquence d'une erreur humaine ou liée à une opération de maintenance.

"C'est une défaillance logicielle. Une commande classique qu'on fait habituellement sur ce type d'équipement qui a été (...) mal interprétée par la machine et qui a entraîné la défaillance de la machine", a expliqué Stéphane Richard.

"On est vraiment sur un problème technique rarissime qui n'est pas lié à un problème d'architecture", au niveau d'un système extrêmement sécurisé, a-t-il poursuivi, en expliquant que des analyses étaient en cours pour comprendre ce qui s'est passé et en tirer les conséquences.

ENQUÊTE ADMINISTRATIVE SUR UN DÉCÈS EN BRETAGNE

L'incident, qualifié de préoccupant par le président Emmanuel Macron, a mis sous pression Orange et son PDG. Stéphane Richard, qui a été convoqué dans la matinée au ministère de l'Intérieur, a présenté les excuses de son groupe.

Selon le ministre de la Santé Olivier Véran, "trois à quatre décès" susceptibles d'être liés à cette panne ont été enregistrés sur le territoire national, même s'il est évidemment trop tôt pour savoir s'ils sont directement liés à l'incident.

"Nous évoquons trois à quatre décès enregistrés sur le territoire national à l'heure à laquelle nous parlons, je ne peux pas dire si c'est exhaustif et il est trop tôt (...) pour tirer le lien entre cette panne et ces décès", a-t-il déclaré sur BFMTV à l'occasion d'une visite jeudi midi au SAMU de l'hôpital Necker, à Paris.

L'un d'entre eux concerne un patient de 63 ans, qui a été conduit en voiture au centre hospitalier de Vannes par sa conjointe qui ne parvenait pas à joindre les secours, ont détaillé le secrétaire général de la préfecture du Morbihan, Guillaume Quenet, et le directeur général de l'Agence régionale de Santé (ARS) de Bretagne, Stephane Mulliez, lors d'une conférence de presse.

En arrêt cardiaque, cet homme n'a pas pu être réanimé et une enquête administrative de l'ARS de Bretagne a été diligentée à ce sujet.

Deux autres décès consécutifs à des AVC (accidents vasculaires cérébraux) ont été recensés à la Réunion.

AUDIT EXTERNE CHEZ ORANGE

Interrogé à la mi-journée sur TF1 sur les circonstances de la panne, Stéphane Richard a déclaré que les premiers dysfonctionnements s'étaient produits vers 16h30 (14h30 GMT) mercredi sur une plate-forme chargée d'acheminer tous les appels qui proviennent d'un téléphone fixe ou mobile vers un certain nombre de numéros, dont les numéros d'urgence.

Le patron d'Orange a alors déclaré que malgré la panne, mercredi entre 16h00 et 22h00, huit appels sur dix depuis un mobile et neuf appels sur dix depuis un fixe avaient pu aboutir vers les numéros d'urgence.

Le gouvernement va diligenter un audit externe pour faire la lumière sur les causes et circonstances de cet incident ainsi que sur les modalités de remontée de l'information.

"Il faut qu'on comprenne (...) Il faut toutes les réponses à toutes les questions qui se posent. Il ne faut jamais plus dans l'histoire revivre une situation comme celle-ci", a estimé Olivier Véran.

Pour Christophe Prudhomme, médecin au Samu 93 et porte-parole du syndicat Amuf (Association des médecins urgentistes de France), cet incident aurait dû être évité.

"On n'a absolument pas géré le fait qu'en cas d'incident, il nous fallait un système de secours. Ce système de secours n'existe pas aujourd'hui", a-t-il déclaré sur Franceinfo, dénonçant un "sous-investissement" dans les services des numéros d'urgence.

(avec Myriam Rivet, édité par Blandine Hénault et Jean Terzian)


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