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Nouvelle plainte d'avocats de Françaises détenues en Syrie

Nouvelle plainte d'avocats de Françaises détenues en Syrie

PARIS (Reuters) - Les avocats de françaises parties rejoindre l'Etat islamique et détenues au Kurdistan syrien se disent inquiets pour leurs clientes et leurs enfants, dont les Kurdes, assurent-ils, veulent se débarrasser, alors que le gouvernement français maintient jusqu'ici qu'elles doivent être jugées sur place.

Marie Dosé, William Bourdon et Martin Pradel ont annoncé jeudi le dépôt, au nom des familles d'au moins trois de ces femmes, d'une plainte avec constitution de partie civile pour contraindre l'Etat français à se préoccuper de leur sort.

Ils avaient déjà déposé en janvier des plaintes contre X mais visant clairement les autorités françaises, auxquelles le parquet de Paris n'a pas donné suite.

Ils s'appuient sur un article du Code pénal selon lequel une personne dépositaire de l'autorité publique qui a connaissance d'une détention illégale ou arbitraire et ne fait rien pour y mettre fin est elle-même coupable d'une infraction.

La plainte avec constitution de partie civile qui sera déposée vendredi franchit un cran supplémentaire : la logique voudrait qu'elle entraîne la saisine d'un juge d'instruction et l'ouverture d'une information judiciaire, sauf si le parquet requiert un "refus d'informer".

Les trois avocats ont également décidé de "mutualiser leurs forces" dans un "collectif d'avocats" dédié à la défense des Françaises détenues en Syrie et en Irak et de leurs enfants.

"L'enjeu est de contraindre les autorités françaises à rompre avec l'hypercynisme avec lequel est traitée la situation de ces mères et de ces enfants depuis des mois", a expliqué Me William Bourdon, qui envisage également avec ses collègues des recours internationaux auprès d'organes des Nations Unies.

UNE SOIXANTAINE DE FRANÇAISES

Pour ces avocats, ces femmes peuvent parfaitement être poursuivies et jugées en France et leurs enfants confiés, dans ce cas, à des familles d'accueil.

Me Marie Dosé reproche notamment au gouvernement français d'être resté sourd à ses demandes de rapatriement des enfants les plus jeunes des deux femmes qu'elle défend et fait état d'échos inquiétants sur le camp où elles sont détenues.

"Plus les jours passent? plus les conditions sanitaires à l'intérieur de ce camp se dégradent. Les Kurdes semblent de plus en plus vouloir leur faire comprendre qu'ils n'en veulent plus."

Selon Me Dosé, ces gardiens Kurdes menaceraient de les remettre à ce qu'il reste de l'Etat islamique ou de les échanger si la France ne les rapatrie pas, contrairement à ce que plusieurs pays, comme l'Algérie, l'Indonésie et la Russie ont déjà fait pour leurs propres ressortissantes.

"Nous demandons aux autorités françaises de prendre leur responsabilité, comme d'autres pays le font", a-t-elle dit. "Nous ne pouvons pas expliquer aux Kurdes que nous n'avons pas les moyens de rapatrier quelques dizaines de femmes et quelques dizaines d'enfants. Les Kurdes, eux, n'ont pas les moyens de les nourrir, de les soigner, et ne souhaitent pas les juger."

Selon ces avocats, il y aurait actuellement au moins 400 femmes de 40 nationalités détenues au Kurdistan syrien, dont une soixantaine de Françaises dispersées dans différents lieux, une information qui reste cependant à confirmer, admettent-ils.

(Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)


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