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Nouvelle Calédonie: La question du référendum discutée à Matignon

Nouvelle Calédonie: La question du référendum discutée à Matignon

Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Le signataires de l'accord de Nouméa se réunissent ce mardi à Matignon pour décider de la formulation de la question qui sera posée lors du référendum du 4 novembre sur l'autodétermination de la Nouvelle-Calédonie, étape majeure du processus de décolonisation de cet archipel du Pacifique sud.

Cette réunion du comité des signataires, qui s'achèvera par une conférence de presse du Premier ministre Edouard Philippe, "abordera plusieurs sujets liés à l’organisation de la consultation", notamment "la formulation de la question qui sera posée", indique Matignon.

Lors d'un déplacement en Nouvelle-Calédonie début décembre, le chef du gouvernement avait estimé que la question posée aux habitants, un sujet qui fait l'objet vifs débats sur l'archipel, devrait "être sans ambiguïté et compréhensible."

"En d'autres termes, elle implique nécessairement un effort de simplification extrême et une formulation binaire", avait-il déclaré devant le Congrès.

L'organisation du référendum constitue le point d'arrivée du processus de décolonisation engagé par les accords de Matignon de 1988, qui ont été suivis par celui de Nouméa en 1998 conclu entre l'Etat, les indépendantistes du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) et les anti-indépendantistes du Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR).

Considéré comme fondateur, l'accord de Nouméa prévoyait qu'au terme d'une période de vingt ans "le transfert à la Nouvelle-Calédonie des compétences régaliennes, l'accès à un statut international de pleine responsabilité et l'organisation de la citoyenneté en nationalité" seraient soumis à référendum.

NEUF HEURES D'ECHANGES

Point d'achoppement entre les différents acteurs, la composition du corps électoral en vue de ce référendum a fait l'objet d'une réunion du comité des signataires, le 2 novembre à Matignon, qui a abouti à un "accord politique" après plus de neuf heures de discussions.

Cet accord, qui inscrit notamment près de 11.000 personnes supplémentaires sur la liste électorale dont une majorité de Kanaks, a été retranscrit dans une loi organique qui a été validée définitivement la semaine dernière par le Parlement.

L'objectif, souligne-t-on à Paris, est que le résultat du référendum soit "reconnu par tous comme légitime et sincère" et ne souffre d'aucune contestation dans la collectivité territoriale située à 16.000 km de la métropole, contrôlée par la France depuis 1853, et où Emmanuel Macron a prévu de se rendre en mai.

Selon un sondage I-Scope pour la chaîne TV Caledonia publié en mai, 54,2% des Calédoniens inscrits sur les listes électorales spéciales se prononceraient contre l'"accès à la pleine souveraineté" si le référendum avait lieu le lendemain. Quelque 24,4 % s'y déclareraient favorables et 21,4 % indécis.

En cas de réponse négative aux trois propositions - transfert à la Nouvelle-Calédonie des compétences régaliennes, accès à un statut international de pleine responsabilité et l'organisation de la citoyenneté en nationalité -, deux autres scrutins référendaires sont prévus par l'accord de Nouméa.

(Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse)


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