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Nombreuses interpellations en marge des blocages de lycées

Nombreuses interpellations en marge des blocages de lycées
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Des dizaines de lycées ont encore été perturbés ou bloqués jeudi par des lycéens qui dénoncent la réforme du baccalauréat et Parcoursup, dans un mouvement dénoncé comme d'une "extrême violence" par le ministre de l'Education nationale, et marqué par de nombreuses interpellations.

Selon le ministère, il y avait jeudi environ 200 lycées bloqués, auxquels s'ajoutaient plusieurs dizaines d'établissements perturbés, ce qui fait craindre une convergence avec le mouvement des "Gilets jaunes" qui ont annoncé une nouvelle mobilisation nationale samedi.

La France compte quelque 4.200 lycées.

Près de 90 établissements étaient bloqués ou perturbés à la mi-journée en région parisienne, dont sept à Paris, 47 dans l'académie de Créteil et 32 dans celle de Versailles.

Vingt-et-un lycées étaient ainsi perturbés ou bloqués dans l'académie de Marseille. A Marseille même, cinq lycées ont été fermés pour éviter la réédition des violences et débordement que ces établissements ont connus les trois jours précédents.

Le ministère fait également état de 36 lycées perturbés dans l'académie de Montpellier, dix dans celle de Poitiers, neuf dans celle de Rouen et 11 dans celles de Nantes, où une voiture a été incendiée devant un lycée.

Le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a dit sur BFM TV sa crainte que des jeunes soient mis en danger.

"Ce qui se passe est unique", a-t-il dit. "Ça libère une violence qui est tout à fait extrême."

Les débordements en marge des manifestations lycéennes, auxquelles se mêlent des casseurs, se sont multipliés jeudi dans les lycées de France, notamment à Toulouse, Lyon ou Bordeaux.

En région parisienne, le parquet de Versailles fait état de nombreuses gardes à vue et interpellations devant des lycées de Mantes-la-Jolie (Yvelines). Plus de cent personnes ont été interpellées, précise-t-on de source policière.

INCENDIES ALLUMES

A Lyon, 31 interpellations ont eu lieu dans l'agglomération, notamment dans des lycées de Vénissieux, Rillieux, Saint-Priest, Vaulx-en-Velin, mais aussi des 7e et 8e arrondissements de Lyon, où des incendies ont parfois été allumés à proximité.

Six policiers ont été blessés dans des affrontements, précisent les pouvoirs publics à Lyon. Au Lycée Auguste et Louis Lumière, objet de violences particulières, l'ensemble des personnels enseignants et éducatifs demandent jeudi à l'académie de fermer l'établissement, considérant qu'élèves et enseignants sont désormais en danger.

A Saint-Etienne, les abords de certains lycées sont le théâtre d'affrontements entre lycéens, casseurs et forces de l'ordre, causant la fermeture de commerces et l'arrêt de certaines lignes de transports en commun.

Près de Bordeaux, plusieurs établissements, notamment à Blanquefort et à Mérignac, ont été affectés. Des lycéens ont jeté des projectiles sur les forces de l'ordre qui ont procédé à huit interpellations, selon la préfecture de la Gironde.

Des échauffourées ont également eu lieu à Pau (Pyrénées-Atlantiques) où au moins deux personnes ont été interpellées.

A Toulouse, où la mobilisation a réuni quelque 300 lycéens selon la préfecture de Haute-Garonne, deux policiers ont été blessés au cours des interventions de sécurisation jeudi matin, un journaliste de France 3 a été bousculé et son matériel dérobé. Deux personnes ont été interpellées pour des violences.

Une assemblée générale a démarré en parallèle à l'université Toulouse Jean-Jaurès où les étudiants pourraient décider de rejoindre le mouvement de contestation.

Dans le Bas-Rhin, un assistant d’éducation a été victime de coups de la part d’un jeune extérieur au lycée, indique le rectorat de Strasbourg dans un communiqué. L'agresseur a été interpellé et placé en garde à vue, est-il précisé.

(Catherine Lagrange à Lyon, Mourad Guichard à Orléans, Claude Canellas à Bordeaux, Johanna Decorse à Toulouse, Gilbert Greilhac à Strasbourg, Julie Carriat, Simon Carraud et Emmanuel Jarry à Paris, avec Service France, édité par Yves Clarisse)


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