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Nicolas Sarkozy veut agir vite au Darfour

Nicolas Sarkozy veut agir vite au Darfour
Crédit photo © Reuters

par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - "Le silence tue" au Darfour, a déclaré Nicolas Sarkozy, invitant la communauté internationale à agir rapidement pour aider cette région de l'ouest du Soudan limitrophe du Tchad où "des gens souffrent".

"Nous voulons mobiliser la communauté internationale pour dire 'ça suffit, on n'est au XXIe siècle pour regarder ces images'", a dit le président français aux participants à une conférence internationale consacrée au Darfour réunis autour de lui à l'Elysée.

"Des êtres humains meurent par dizaines de milliers dans cet endroit du monde. Nous ne pouvons pas laisser la situation en l'état", a-t-il souligné, invitant à "agir vite, parce que cela fait des années (...) que les gens souffrent".

"A l'époque où on n'était pas dans la société de la communication, on ne savait pas ou on savait avec retard, donc on pouvait expliquer qu'on décidait avec retard. Maintenant on sait. L'absence de décision et l'absence de réaction sont inacceptables", a insisté Nicolas Sarkozy, qui avait abordé le dossier du Darfour plus tôt dans la matinée avec la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice.

Ministres des Affaires étrangères des pays membres du G8, de pays européens et africains, représentants d'organisations internationales et le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, se sont retrouvés à Paris pour relancer les efforts visant à mettre fin à la crise meurtrière dans cette région.

"Cette réunion du groupe de contact élargi sur le Darfour, c'est un message clair : en tant qu'êtres humains et en tant que responsables politiques, nous avons le devoir de régler la crise au Darfour", a dit Nicolas Sarkozy.

"IL FAUDRA ÊTRE FERME"

Le chef de l'Etat français a invité à être ferme envers les belligérants dans ce conflit qui a fait 200.000 morts et plus de deux millions de déplacés depuis 2003. "Je crois que la fermeté de la communauté internationale, c'est la seule façon d'amener tout le monde à la discussion", a-t-il dit.

Estimant que la seule issue au conflit au Darfour "est politique", Nicolas Sarkozy a lancé un avertissement aux autorités de Khartoum, qui ne sont pas représentées à Paris.

"Le Soudan doit savoir que s'il coopère, nous l'aiderons puissamment, et s'il refuse de coopérer, il faudra être ferme", a-t-il déclaré.

Le conflit au Darfour, région semi-désertique difficile d'accès, oppose des groupes rebelles à des milices arabes appuyées militairement par le gouvernement soudanais.

Nicolas Sarkozy a qualifié d'"évolution encourageante" le feu vert donné le 12 juin par Khartoum à une force "hybride" Onu-Union africaine d'environ 20.000 hommes décidée il y a plus de dix mois par le Conseil de sécurité des Nations unies.

Interrogé sur France Inter, le ministre français de la Défense, Hervé Morin, a dit espérer que cette force puisse se déployer "au plus tard au début de l'année prochaine".

Les soldats de la Mission d'observation du cessez-le-feu de l'Union africaine actuellement sur le terrain au Darfour avec le soutien, notamment, de l'Union européenne, n'ont pas été payés depuis plusieurs mois. La France "est prête y contribuer à hauteur de dix millions d'euros" pour remédier à cette situation, a annoncé Nicolas Sarkozy.

Il a dit son souhait d'agir efficacement, sachant que "rien ne peut se faire au Darfour sans les Africains".

"On est totalement et complètement engagés dans la résolution de cette crise parce que le Darfour, ça concerne aussi nos pays", a-t-il ajouté. "La France est unie avec tous ses alliés pour être efficace. Le message à nos amis africains c'est bien celui-ci : nous voulons les aider, rien d'autre".

Participent à la réunion sur le Darfour, outre la France, les pays suivants : Afrique du Sud, Allemagne, Belgique, Canada, Chine - principal allié de Khartoum dans cette crise -, Danemark, Egypte, Espagne, Etats-Unis, Italie, Japon, Norvège, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni, Russie et Suède.


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