»
»
»
Consultation

Monti pas candidat mais reste ouvert à un nouveau mandat

Monti pas candidat mais reste ouvert à un nouveau mandat

par Gavin Jones et James Mackenzie

ROME (Reuters) - Le président démissionnaire du Conseil italien Mario Monti a déclaré dimanche qu'il ne serait pas candidat aux législatives des 24 et 25 février mais s'est dit prêt à "envisager" un nouveau mandat à la tête du gouvernement si des forces politiques adhérant à son programme de réformes le lui demandaient.

"Je ne serai pas candidat à une circonscription électorale, notamment parce que je suis sénateur à vie", a-t-il déclaré à la presse dimanche.

"Si une force politique crédible me demande d'être candidat au poste de président du Conseil en leur nom, je l'envisagerai", a-t-il cependant ajouté, précisant qu'il souhaitait avant tout voir adopté son programme. "Je serais prêt à offrir mon soutien, des conseils et si nécessaire à guider (cette force ou coalition politique)".

Interrogé sur un éventuel avenir à la tête de l'État, le président du Conseil sortant a répondu qu'il ne serait probablement jamais président de la république italienne, alors que nombre d'observateurs voyaient en lui un possible candidat pour ce poste.

La question se poserait en des "temps et événements qui ne se matérialiseront vraisemblablement jamais", a-t-il expliqué.

Mario Monti a par ailleurs reconnu qu'il était "incapable de comprendre" les revirements à son égard de son prédécesseur Silvio Berlusconi et qu'il lui était impossible d'accepter sa proposition de mener une coalition conservatrice lors des prochaines élections.

Après 13 mois passés au palais Chigi, l'ancien commissaire européen a démissionné vendredi après le vote du budget 2013 par le Parlement comme il s'y était engagé après la fronde menée par les élus du Peuple de la Liberté (PDL, centre-droit) du 'Cavaliere'.

IMPOPULAIRE

Mario Monti, qui pense qu'une opposition classique droite-gauche n'est plus appropriée à la situation en Italie, a par ailleurs dit espérer que le prochain gouvernement jouirait d'une large majorité parlementaire

"Nous devons éviter de faire des pas en arrières illusoires et extrêmement dangereux", a-t-il prévenu.

Dans une interview publiée quelques heures plus tôt par le quotidien La Repubblica, il laissait entendre qu'il ne serait probablement pas candidat mais qu'il essaierait de convaincre le vainqueur du scrutin de continuer à mettre en oeuvre son programme de réformes.

Il exprimait aussi ses craintes concernant les forces politiques en présence. La plate-forme du Parti démocrate (PD, centre-gauche), grand favori de l'élection, penche trop à gauche, craint-il, ajoutant qu'il ne soutiendrait "jamais" Silvio Berlusconi et que les formations centristes ne le convainquaient pas.

Certains observateurs envisageaient pourtant que le chef du gouvernement sortant apporte son soutien à une nouvelle formation centriste créée par le président du groupe Ferrari, Luca Cordero di Montezemolo ou encore qu'il soutienne plusieurs petits partis qui s'engageraient à poursuivre sa politique de rigueur budgétaire.

Nommé en novembre 2011 à la tête d'un gouvernement de technocrates pour aider l'Italie à sortir de la crise financière, Mario Monti a également présenté dimanche un programme de réformes pour l'Italie.

Il a notamment préconisé une refonte draconienne du marché du travail et appelé au respect des règles européennes.

Le 'Professore' est plébiscité par de nombreux chefs d'Etat et de gouvernement en Europe mais la politique d'austérité qu'il a menée ne l'a pas rendu populaire dans son pays - 61% des électeurs interrogés par l'institut de sondage SWG ne souhaitent pas qu'il entre dans la campagne.

Marine Pennetier, Julien Dury et Agathe Machecourt pour le service français


click here for restriction
©2019 Reuters

Reuters

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Partenaires de Boursier.com