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Mobilisation incertaine contre la hausse des carburants le 17 novembre

Mobilisation incertaine contre la hausse des carburants le 17 novembre
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - La grogne contre l'augmentation des prix des carburants, forte notamment d'une pétition signée par 500.000 personnes, se cristallise autour d'un appel au blocage national le 17 novembre mais le degré de mobilisation est à ce stade une inconnue.

Si l'appel, qui se revendique comme citoyen et apolitique, ne verra aucun syndicat ou représentant des routiers officiellement associé à l'opération, il suscite un vif intérêt sur les réseaux sociaux, avec la multiplication sur Facebook des pages locales "Blocage national du 17 novembre".

A Paris, 43.000 personnes indiquent vouloir participer à un blocage du périphérique au niveau de la Porte de Bercy à 14h, 3.500 personnes disent vouloir faire de même à Lyon sur une page créée par la section locale du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), ou encore 1.000 personnes à Montpellier.

Les animateurs du mouvement apparaissent très divers, certains s'y revendiquant "patriotes" et appelant à "dégager" Macron, réminiscence de la mobilisation de 1995 qui avait paralysé les réformes lancées par Alain Juppé, d'autres réfutant au contraire toute couleur politique.

Le trésorier du Rassemblement national, Wallerand de Saint-Just, a apporté son soutien lundi à l'initiative : "Nous appuyons cette révolte citoyenne, nous appuyons les moyens qu'ils utiliseront, des moyens parfaitement respectueux de la légalité", a-t-il dit sur franceinfo.

A l'origine du mouvement, une pétition lancée en mai sur Change.org par une automobiliste de Seine-et-Marne, Priscillia Ludosky, intitulée "Pour une Baisse des Prix du Carburant à la Pompe !".

Le texte a vu les signatures croître exponentiellement ce mois-ci, à l'heure où le gouvernement maintient le cap d'une hausse progressive des carburants en 2019 (de 6 à 7 centimes pour le diesel et de 3 à 4 centimes pour l'essence), sur fond d'envolée des prix du pétrole.

RALLIEMENT DES POIDS LOURDS ?

Mais la participation des poids lourds à cette opération lancée par des particuliers est incertaine. L'OTRE, principale organisation patronale des PME et TPE du transport routier, exclut ainsi de s'associer au mouvement, tout se disant "solidaire" de l'initiative.

"On ne s'y associe pas, c'est une manifestation citoyenne qui n'émane pas de la profession", a déclaré à Reuters Yann Viguié, secrétaire général Île-de-France de l'Oganisation des transporteurs routiers européens (OTRE).

Il explique notamment cette distance par un refus d'être "à la remorque" d'un mouvement aux origines politiques troubles. "On ne va pas aller mettre des camions à 150.000 euros pour être dans des manifestations qui peuvent dégénérer", justifie-t-il.

Une autre date, celle du 3 décembre, premier anniversaire de l'abandon de l'écotaxe sur les poids lourds, a été lancée par le Collectif national de défense du transport routier français pour manifester contre le prix du gazole, jugé source de désavantage compétitif face aux transporteurs européens.

Le président du collectif, Christophe Caron, espère cependant mobiliser une cinquantaine de camions dès le 17 novembre, dans le Nord. "On va y aller, mais à titre personnel", a-t-il expliqué, une participation dont il n'écarte pas qu'elle soit suivie ailleurs par d'autres confrères.

Lundi, une opération escargot réunissant une cinquantaine de camions a d'ores et déjà eu lieu en Haute-Savoie, à l'initiative d'entreprises de transport et du BTP (ces dernières visées par une révision de leur avantage fiscal sur le gazole).

(Julie Carriat, édité par Yves Clarisse)


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