Mise en garde du Hamas contre une offensive d'Israël à Rafah

Mise en garde du Hamas contre une offensive d'Israël à Rafah

(Actualisé avec déclaration de Biden, Egypte)

11 février (Reuters) -

Le Hamas a prévenu dimanche Israël qu'une offensive terrestre contre la ville de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, compromettrait les négociations en cours sur la libération des otages, tandis que le président américain Joe Biden a exhorté Benjamin Netanyahu à garantir la sécurité des civils avant toute action militaire.

Un responsable du Hamas cité par Al-Aqsa, la chaîne de télévision du mouvement palestinien, a déclaré qu'une attaque à Rafah, où plus d'un million de Gazaouis ont trouvé refuge, torpillerait les négociations en cours sur les otages, dont un responsable américain a estimé dimanche qu'elles progressaient bien.

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Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a ordonné vendredi à l'état-major israélien de mettre au point un plan combiné en vue de l'évacuation des civils de Rafah et de l'élimination des "quatre" bataillons du Hamas dans la ville.

Dans ce contexte, le Hamas a affirmé dimanche que deux otages israéliens avaient été tués dans de récentes frappes aériennes israéliennes.

Dans une interview diffusée dimanche dans le programme "This Week" de la chaîne américaine ABC, Benjamin Netanyahu a estimé qu'il reste "suffisamment" d'otages en vie à Gaza pour justifier la poursuite des opérations militaires israéliennes.

"Nous allons essayer de faire de notre mieux pour ramener à la maison tous ceux qui sont en vie et, honnêtement, également les corps de ceux qui sont morts", a-t-il dit.

La libération "la plus rapide possible" des quelque 132 otages qui seraient encore retenus par le Hamas ou d'autres groupes palestiniens à Gaza ont été au coeur d'un entretien téléphonique entre Benjamin Netanyahu et Joe Biden, a fait savoir la Maison blanche.

Le président des Etats-Unis a aussi appelé son interlocuteur à ne pas attaquer Rafah tant que la sécurité des civils palestiniens n'est pas garantie.

"Une opération militaire à Rafah ne peut pas avoir lieu sans un plan crédible et applicable visant à garantir la sécurité et le soutien aux plus d'un million de personnes qui y ont trouvé refuge", a déclaré Joe Biden, selon des propos rapportés par un responsable de son administration.

Ces réfugiés "n'ont nulle part où aller", a souligné le responsable américain.

Rafah est le dernier refuge des civils déplacés par les combats en cours entre le Hamas et Israël depuis le 7 octobre dernier.

La stratégie israélienne, qui vise à l'éradication totale du Hamas, le mouvement palestinien à l'origine des attaques du 7 octobre contre l'Etat hébreu, est vivement critiquée par l'allié américain.

Washington a déclaré qu'il ne soutiendrait pas une opération terrestre faisant fi du sort des centaines de milliers de civils terrés dans cette ville frontalière de l'Egypte. Le président américain Joe Biden s'est alarmé d'une riposte israélienne désormais "hors de proportion".

La France a aussi mis en garde dimanche contre le risque de catastrophe humanitaire majeure à Rafah. L'Egypte, qui redoute de subir un afflux de réfugiés palestiniens, a également vivement dénoncé les intentions israéliennes.

Le bureau du président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a estimé vendredi dans un communiqué que le but inavoué de ce plan était de chasser les Palestiniens de leur terre.

Les organisations humanitaires estiment que plus de la moitié des 2,3 millions d'habitants de l'enclave de Gaza se trouvent à Rafah. (Reportage de Nidal Al-Mughrabi, avec Andrea Shalal à Wilmington (Delaware) et Leah Douglas à Washington ; version française Sophie Louet)

Reuters

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