Migrants repoussés: la CE demande une enquête à la Grèce et à la Croatie

Migrants repoussés: la CE demande une enquête à la Grèce et à la Croatie
Migrants repoussés: la CE demande une enquête à la Grèce et à la Croatie
Crédit photo © Reuters

par Gabriela Baczynska

BRUXELLES (Reuters) - La Commission européenne a demandé jeudi l'ouverture d'une enquête à la suite d'un reportage des médias allemands Der Spiegel et ARD montrant, selon eux, des membres des forces de sécurité grecs et croates repousser illégalement des migrants à leurs frontières.

La Grèce s'est vivement défendue de mener de telles opérations, assurant respecter les lois internationales et européennes en la matière.

Le ministre grec des Migrations, Notis Mitarachi, a précisé que les services de sécurité de son pays ne ciblaient que les réseaux de trafiquants. "Nous n'allons pas nous excuser de (...) protéger les frontières de l'Europe", a-t-il dit.

Selon le magazine Der Spiegel et la chaîne de télévision ARD, des membres des forces spéciales grecques et croates participent parfois à ces opérations qui peuvent être violentes en dissimulant leur identité.

"Certaines de ces informations sont choquantes", a commenté la commissaire européen aux Affaires intérieures Ylva Johansson en appelant à la tenue d'une enquête approfondie.

Jugeant que les informations rapportées par les médias allemands semblaient "très crédibles", la Suédoise a estimé que l'argent versé par l'Union européenne était détourné de son objectif pour commettre des actes "inacceptables".

Les médias allemands disent avoir en leur possession onze vidéos dans lesquelles on voit des policiers croates repousser des migrants vers la Bosnie, et des preuves que les garde-côtes grecs se livrent à des opérations similaires en mer Egée.

Le ministre croate de l'Intérieur, Davor Bozinovic, a promis une enquête, tout en assurant que la police des frontières agissait dans le cadre de la loi.

Selon la loi humanitaire internationale, toute personne a le droit à demander l'asile dans un autre pays, et il est interdit de renvoyer un demandeur d'asile vers un pays où sa vie ou son bien-être seraient menacés.

Mais ces grands principes sont de plus en plus souvent ignorés par les pays européens, confrontés à un afflux de réfugiés fuyant la guerre et la pauvreté en Afrique, au Proche-Orient et en Asie.

Les pays en "première ligne" face aux vagues migratoires, comme la Grèce et l'Italie, se sont souvent sentis abandonnés par leurs partenaires et ont occasionnellement tenté de renvoyer les migrants vers leur point de départ.

Autres Etats membres de l'UE, la Pologne, la Lituanie et la Lettonie ont récemment autorisé leurs forces de sécurité à repousser les réfugiés venant de Biélorussie, ou de pays plus lointains comme l'Irak et l'Afghanistan.

Evoquant la situation afghane, Ylva Johansson a déclaré qu'il n'y avait aucun signe pour le moment d'une arrivée massive de réfugiés en Europe, tout en soulignant que de nombreux Afghans ont fui dans les pays frontaliers qui en hébergeaient déjà six millions avant la prise de Kaboul par les taliban en août.

(Gabriela Baczynska à BRUXELLES, avec Karolina Tagaris à ATHENES et Igor Ilic à ZAGREB, version française Tangi Salaün, édité par Sophie Louet)

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