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Marseille: Gaudin se défend, un 7e corps retrouvé dans les décombres

Marseille: Gaudin se défend, un 7e corps retrouvé dans les décombres
Crédit photo © Reuters

MARSEILLE (Reuters) - Le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, a tenté jeudi d'éteindre les polémiques sur la gestion municipale de l'habitat dégradé, trois jours après l'effondrement de trois immeubles qui a fait sept morts et au moins un disparu, selon un bilan provisoire.

Une septième victime, un homme, a été retrouvée jeudi après la reprise des recherches, a-t-on appris auprès des marins pompiers. Cinq corps, deux femmes et trois hommes, ont pu être identifiés, tandis que les recherches se poursuivaient. Les autorités font état d'au moins un autre disparu.

Plusieurs associations et habitants du quartier jugent que la mairie n'a pas fait suffisamment pour prévenir ce type de drames.

Le maire Les Républicains a déclaré ne pas avoir envisagé de démissionner et mis en avant les investissements réalisés, la longueur des procédures d'expropriation et appelé à attendre les résultats de l'enquête judiciaire.

"Nous avions fait ce qu'il fallait pour sécuriser cet immeuble. Le reste, la justice le dira. Une enquête judiciaire est en cours et nous donnerons toutes les explications nécessaires", a-t-il dit lors d'une conférence de presse, entouré de plusieurs adjoints.

"Depuis 2005, la seule ville de Marseille a engagé plus de 200 millions d'euros, dont 110 au seul titre de l'Anru (Agence nationale pour la rénovation urbaine-NDLR), 35 pour l'éradication de l'habitat indigne et 28 du logement locatif social", a-t-il ajouté.

"Au-delà des énormes moyens financiers que ce grand chantier d'envergure nationale exige, nous nous heurtons tous à des procédures terriblement longues et coûteuses", a poursuivi Jean-Claude Gaudin, prenant l'exemple du bâtiment écroulé au 63 rue d'Aubagne, frappé d'un arrêté de péril en 2005 et que Marseille Habitat, l'opérateur de la ville, a mis dix ans à racheter.

LES ASSOCIATIONS ACCUSENT

L'association Droit au Logement (DAL) a estimé dans un communiqué que l'effondrement "révèle une grave carence et met en jeu la responsabilité du maire, car il doit selon la loi organiser une stricte surveillance par des experts, si besoin réaliser des travaux d'office aux frais du propriétaire, ou ordonner l'évacuation et le relogement des occupants".

"Cette éventuelle négligence et ces graves conséquences doivent rappeler aux maires leurs obligations en matière de péril, alors que de nombreux centres historiques de villes moyennes se dégradent", poursuit-elle dans un communiqué.

L'association marseillaise Un centre-ville pour tous met elle aussi en avant la responsabilité de la mairie.

"L'effondrement de deux immeubles 63 et 65 rue d'Aubagne et le drame humain qui en résulte est, hélas, une conséquence directe de l'incurie de la mairie dans la prévention et le traitement de l'habitat indigne et dangereux dans le centre-ville", écrit-elle dans un communiqué.

"Au pouvoir depuis 25 ans, l'équipe de Jean Claude Gaudin n'a pas varié dans ses objectifs de chasser les familles modestes du centre-ville, laissant pourrir l'habitat indigne et refusant obstinément une rénovation au profit des habitants et la production de logement social dans le centre-ville", accuse-t-elle.

En 2015, un rapport de l'inspecteur général Christian Nicol, demandé par le gouvernement, avait établi que 48% des immeubles du quartier de Noailles étaient indécents ou dégradés, dont 20% en procédure d'insalubrité ou de péril. Seuls 11% se trouvaient dans un bon état structurel.

Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a annoncé mardi que l'Etat allait lancer un audit sur l'habitat indigne à Marseille.

(Marc Leras, édité par Jean-Baptiste Vey et Julie Carriat)


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