Marchés : Pour Natixis IM, le pilotage de la Fed augure "d'un bon cru 2023"

Marchés : Pour Natixis IM, le pilotage de la Fed augure "d'un bon cru 2023"

PARIS, 24 novembre (Reuters) - La réussite de la Réserve fédérale en matière de pilotage des anticipations des marchés permet de tabler sur une année 2023 favorable aux obligations et moins agitée que 2022 pour les actions, estime-t-on chez Natixis IM.

Aux Etats-Unis, la remontée des taux de la Fed commence à avoir un impact sur l'évolution des prix même si l'inflation sous-jacente reste relativement forte, a expliqué Mabrouk Chetouane, directeur de la stratégie de marché globale de la société de gestion lors d'une présentation jeudi.

"La Fed a fait le job et elle l'a bien fait. Son action a été parfaitement calibrée", a-t-il résumé, jugeant faible le risque de récession aux Etats-Unis malgré la perspective d'un pic de taux autour de 5%, qui devrait être atteint à la fin du premier trimestre.

L'économie américaine, explique-t-il, peut notamment compter sur les quelque 1.700 milliards de dollars d'épargne excédentaire accumulée pendant la crise du COVID-19 et pas encore dépensée.

"La Fed pilote très bien les anticipations. 2023 peut donc être plutôt positif pour l'obligataire, avec moins de volatilité", ajoute-t-il.

Si l'action de la banque centrale américaine semble déjà avoir un impact sur l'inflation américaine, "en Europe, il est beaucoup trop tôt pour se prononcer", estime de son côté Stéphane Déo, directeur de la stratégie marchés d'Ostrum Asset Management, l'un des affiliés de Natixis IM.

"Les délais de transmission de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) vont jouer et l'inflation va continuer de monter au premier trimestre."

La BCE devrait donc poursuivre la remontée des taux directeurs, jusqu'à atteindre 3% environ, mais sans pour autant provoquer une récession de grande ampleur, ajoute-t-il.

"Entre 0,5% et 1% de contraction sur deux trimestres, c'est certes déplaisant mais ça ne suffit pas pour faire remonter le chômage", explique-t-il, osant le néologisme de "récessionnette".

Dans ce scénario, l'année à venir pourrait se jouer en deux temps estime Mabrouk Chetouane: la phase de contraction de l'activité économique devrait profiter aux secteurs défensifs, avant que, une fois absorbées toutes les mauvaises nouvelles, les investisseurs puissent revenir sur les actifs plus risqués, les actions bien sûr mais aussi le crédit et la dette à haut rendement.

Mabrouk Chetouane note aussi la perspective d'une amélioration des perspectives pour le compartiment de la dette émergente, qui a beaucoup souffert cette année de la hausse du dollar.

"La fin de la hausse des taux américains va soulager les devises émergentes, dit-il. On va regarder de plus en plus les dettes émergentes l'an prochain." (Rédigé par Marc Angrand)

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