Mali : Deux bases de l'armée sous contrôle des touaregs

Mali : Deux bases de l'armée sous contrôle des touaregs
Mali : Deux bases de l'armée sous contrôle des touaregs
Crédit photo © Reuters

BAMAKO (Reuters) - De nouveaux affrontements ont opposé dimanche dans le nord du Mali l'armée et les rebelles touaregs, lesquels ont revendiqué le contrôle de deux bases militaires situées dans la ville de Lere.

La Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA), qui réunit les principaux groupes rebelles touaregs du nord du pays, est aux prises depuis le mois dernier avec l'armée.

Ces affrontements ont été provoqués en partie par la fin de la mission de maintien de la paix de l'Onu (Minusma), qui a contribué pendant des années à préserver un équilibre précaire, et dont le départ a été réclamé en juin par la junte militaire.

Les combats se sont intensifiés ces derniers jours, les deux camps étant désireux de gagner du terrain dans des zones laissées vacantes par les troupes de l'Onu, dans le centre désertique et dans le nord du pays d'Afrique de l'Ouest.

Après avoir dit la semaine dernière s'être brièvement emparé d'un camp de l'armée à Bourem, ville située à 90 kilomètres à peine de la ville stratégique de Gao, pour repartir avec des armes et véhicules, la CMA a annoncé dimanche via son porte-parole la prise de deux camps à Lere.

L'armée malienne a indiqué via le réseau social X (anciennement Twitter) qu'une attaque avait lieu à Lere et qu'une réponse était en cours, sans donner de détails.

Aucun bilan des affrontements n'a été évoqué par la CMA ou par l'armée.

La CMA est composée de groupes reprochant de longue date au gouvernement malien de négliger la communauté touareg et qui cherchent à obtenir l'indépendance de la région désertique qu'ils appellent l'Azawad.

Un soulèvement des rebelles touaregs en 2012 a été éclipsé par les groupes islamistes, qui commettent des attaques violentes contre les civils et l'armée au Mali, ainsi qu'à travers les pays de la région ouest-africaine du Sahel.

Apaisées par l'accord d'Alger de 2015 signé avec le gouvernement et des milices pro-gouvernementales, les tensions ont été ravivées par la prise de pouvoir de l'armée, à la faveur de deux coups d'Etat en deux ans, et par la décision de la junte en place depuis 2021 de faire appel au groupe paramilitaire russe Wagner tout en demandant le retrait des troupes françaises puis de celles de l'Onu.

(Reportage Tiemoko Diallo; version française Jean Terzian)

Reuters

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