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Macron s'expliquera jeudi sur TF1 sur fond de grogne sociale

Macron s'expliquera jeudi sur TF1 sur fond de grogne sociale
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - A l'approche de la date anniversaire de sa première année à la tête de l'Etat, Emmanuel Macron sera l'invité jeudi prochain du journal télévisé de 13h de TF1 sur fond de grève à la SNCF, de gronde dans les universités et de grogne des retraités contre les réformes de l'exécutif, a annoncé samedi la chaîne.

Lors de cet entretien d'une heure en direct également diffusé sur LCI, le chef de l'Etat "sera interrogé sur les sujets de la vie quotidienne des Français", a indiqué TF1 dans un communiqué, précisant que l'interview serait entrecoupée de reportages et laisserait la place aux questions des Français".

L'entourage d'Emmanuel Macron, qui avait laissé entendre ces derniers jours qu'il pourrait prendre la parole prochainement à l'occasion de la date anniversaire de son accession à l'Elysée, le 7 mai, n'a pas souhaité samedi faire de commentaire.

L'annonce de cet entretien - le troisième à la télévision en un an - survient à l'issue d'une semaine marquée par le début de la grève à la SNCF, des échanges parfois vifs entre le chef de l'Etat et des aides soignantes au CHU de Rouen et une fronde au sein de certaines universités.

Depuis le début du mouvement de grève à la SNCF, Emmanuel Macron s'était montré relativement discret, se limitant à assurer alors qu'il était interpellé par un passant au Touquet qu'il tiendrait bon sur cette réforme qui prévoit notamment la fin du recrutement au statut cheminot, casus belli pour les organisations syndicales.

En déplacement jeudi à Rouen, interrogé par des journalistes, le chef de l'Etat est toutefois sorti de sa réserve en évoquant "des réactions de protestations" à des annonces du gouvernement "totalement légitimes" et en insistant une nouvelle fois sur l'importance d'expliquer les réformes.

Ces mouvements sociaux ne doivent "pas empêcher pour autant le gouvernement de gouverner, de continuer à prendre des décisions et de faire des choses importantes pour des millions de nos concitoyens", a-t-il déclaré.

LES SYNDICATS ESPÈRENT UNE "CONVERGENCE DES LUTTES"

Outre la SNCF, des mouvements de grève ont également éclaté à Air France, dans les secteurs du traitement des déchets et de l'énergie. Dans une dizaine de campus en France, où des étudiants grévistes bloquent facultés et amphithéâtres à Montpellier, Toulouse, Grenoble, Nantes, notamment, les cours ont été perturbés cette semaine.

Les étudiants protestent contre la loi dite ORE ("d'orientation et de réussite des étudiants"), adoptée le 15 février qui doit permettre selon l'exécutif de tourner la page du tirage au sort et de lutter contre l'échec en licence mais perçue par ses détracteurs comme une sélection déguisée.

Dans le secteur de la santé, le chef de l'Etat a été interpellé jeudi par des aides soignantes du CHU de Rouen qui dénoncent une baisse des moyens alloués aux hôpitaux.

"Nous déciderons des investissements nécessaires, il y a des situations critiques auxquelles nous répondrons", a assuré Emmanuel Macron, précisant que les travaux sur le secteur hospitalier déboucheraient d'ici à l'été sur un rendez-vous.

Autre front, celui des retraités auprès desquels la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) - pour compenser la suppression de certaines cotisations salariales conformément à un engagement de campagne d'Emmanuel Macron - a du mal à passer.

Cette mesure, qui concerne 60% de retraités, doit permettre selon l'exécutif de redonner du pouvoir d'achat aux actifs en faisant contribuer l'ensemble des revenus (dont les pensions et l'épargne) au financement de la protection sociale.

Les syndicats et l'opposition politique, qui peine à se remettre des défaites électorales de 2017 et qui n'était pas parvenue à mobiliser contre la réforme du code du travail, espèrent une "convergence des luttes" cinquante ans après mai 68.

Interrogé sur Europe 1 samedi matin, avant l'annonce de TF1, sur le "silence" du chef de l'Etat, le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger a estimé qu'il s'agissait plus d'"un problème de méthode et de conception de la démocratie" que de "silence".

"Aujourd'hui il y a un exercice du pouvoir qui est beaucoup trop vertical et qui est une forme de mépris à l'égard de corps intermédiaires et des organisations syndicales en particulier, je l'invite vraiment, vraiment, à rectifier le tir", a-t-il déclaré.

(Marine Pennetier, édité par Myriam Rivet)


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