»
»
»
Consultation

Macron proposera mardi un pacte de la transition écologique

Macron proposera mardi un pacte de la transition écologique
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Emmanuel Macron précisera mardi le cap et la méthode qu'il souhaite adopter, en lien avec les corps intermédiaires et les citoyens, pour mener à bien une transition écologique "équitable et juste", a indiqué vendredi l'Elysée, à la veille d'un nouveau rassemblement des "Gilets jaunes" à Paris.

Le chef de l'Etat "réunira mardi à l'Elysée les forces vives du pays présentes au sein du Conseil national de la transition écologique (CNTE), il précisera à cette occasion le cap de la transition énergétique", a-t-on précisé. "Le président donnera une méthode pour atteindre ce cap, il s'agit de construire un pacte de la conversion écologique".

"Les sujets liés à la transition énergétique sont des sujets démocratiques, l'idée c'est de rendre ce débat démocratique, avec la mobilisation des corps intermédiaires et des citoyens pour que personne ne soit laissé sur le bord de la route", a-t-on souligné. "La transition doit être équitable et juste".

Le couple exécutif est confronté depuis une semaine à une fronde sans précédent contre la hausse des prix du carburant organisée par le mouvement des "Gilets jaunes" qui a entraîné des milliers de blocages de routes, a provoqué la mort de deux personnes et ne semble pas prêt à relâcher la pression.

Pour tenter de désamorcer la crise, le gouvernement a d'ores et déjà annoncé 500 millions d'euros d'aides supplémentaires (création d'une surprime à la conversion automobile en janvier 2019 pour les 20 % des Français les plus modestes, augmentation de 50 euros du chèque énergie et élargissement du dispositif des indemnités kilométriques...).

"Il faut sans cesse (...) trouver des nouvelles mesures, de nouveaux dispositifs qui permettent d’accompagner d’un point de vue solidaire les Français", a souligné le ministre de la Transition écologique François de Rugy à des journalistes vendredi, en marge d'un déplacement à L'Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne). "Nous allons continuer, nous sommes prêts à amplifier".

BERGER MET EN GARDE CONTRE UN POSSIBLE "JEU DE DUPE"

Sur le plan de la méthode, le gouvernement a également exprimé mercredi le souhait d'organiser de débats dans tout le pays sur les transformations à venir liées au projet de loi sur les mobilités et à la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) qui seront présentées respectivement lundi en conseil des ministres et mardi.

L'exécutif souhaite y associer les élus locaux, les collectivités territoriales et les organisations syndicales et patronales, une réponse à la demande du secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, de tenir une sorte de "Grenelle" de l'environnement pour renouer le dialogue avec les corps intermédiaires.

"Il faudra regarder ce qui est proposé et nous on regardera si c'est un vrai travail loyal et franc ou si c'est un jeu de dupes. si c'est un jeu de dupes, on saura le dire", a réagi auprès de Reuters Laurent Berger

"Mais je crois que le gouvernement, il faut qu'il entende maintenant, il ne peut plus faire sans les partenaires sociaux. Il a trop joué sur cette corde-là et il est en train de perdre. C'est ce qu'on appelle un effet boomerang", a-t-il ajouté.

Emmanuel Macron "a appelé beaucoup de leaders syndicaux lundi soir, ce qu'il m'a dit c'est qu'il y avait une possibilité de travailler à partir de la proposition", a-t-il précisé.

A l'Elysée, on insiste sur le fait que le "cap a été fixé et sera maintenu", précisant que les mesures qui pourraient être annoncées mardi par le chef de l'Etat concerneraient avant tout la méthode et ne remettraient pas en cause la hausse de la fiscalité écologique.

APPELS DE BAYROU ET HULOT

Selon franceinfo, qui cite un élu de la majorité, le couple exécutif aurait toutefois décidé de reporter la vignette poids-lourds, une mesure censée entrée en vigueur en 2020 et rapporter 500 millions d’euros par an pour financer des investissements dans des infrastructures, afin d'éviter "une convergence des luttes" incitant les routiers à entrer dans la contestation.

Interrogé à ce sujet sur France 2 vendredi matin, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a refusé de confirmer, précisant que des réponses seraient apportées lundi lors de la présentation du projet de loi sur les mobilités.

Aux voix des "Gilets jaunes" se sont greffées cette semaine pour la première fois celles du président du MoDem et partenaire de la majorité François Bayrou et de l'ex-ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, qui a démissionné fin août.

Le maire de Pau a appelé, dans les colonnes du Figaro mercredi, Emmanuel Macron à "réfléchir" compte tenu de la mobilisation "à la nouvelle étape d'augmentation des taxes sur les carburants" prévue au mois de janvier. Sur France 2 jeudi soir, Nicolas Hulot a de son côté exhorté l'exécutif à développer un "accompagnement social digne de ce nom".

(Marine Pennetier, avec Caroline Pailliez et Simon Carraud, édité par Yves Clarisse)


click here for restriction
©2018 Reuters

Reuters

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Partenaires de Boursier.com