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Macron ne veut pas qu'on s'habitue à la "lèpre" des extrêmes

Macron ne veut pas qu'on s'habitue à la "lèpre" des extrêmes
Crédit photo © Reuters

QUIMPER, Finistère (Reuters) - Emmanuel Macron a appelé jeudi à ne pas s'habituer à la "lèpre" des extrêmes en Europe, une allusion à peine voilée au nouveau gouvernement italien, dont la décision la semaine dernière de ne pas laisser accoster l'Aquarius a ravivé les fractures au sein de l'Union européenne sur la question migratoire.

"Beaucoup détestent (l'Europe) mais ils la détestent depuis longtemps et vous les voyez monter un peu comme une lèpre un peu partout en Europe dans des pays où nous pensions que c'était impossible de la voir réapparaître, des amis voisins", a déclaré le chef de l'Etat lors d'un discours à Quimper (Finistère).

"Ils disent le pire et nous nous y habituons, ils font les pires provocations et personne ne se scandalise de cela (...), on vient accuser les Européens de ne pas être tout à fait comme on voudrait et on oublie de dénoncer ceux qui la détestent et font monter leur projet", a-t-il ajouté.

"On s'habitue à tous les extrêmes dans les pays qui depuis des années sont pourtant pro-européens comme nous et sur ce sujet, nos élites économiques, journalistiques, politiques ont une responsabilité immense", a-t-il souligné.

Le refus du nouveau gouvernement italien, constitué de la Ligue (extrême droite) et du Mouvement Cinq Etoiles (M5S, antisystème), de laisser accoster l'Aquarius, un navire humanitaire avec à son bord quelque 600 migrants, a suscité une vague d'émotion et d'indignation.

Le sort des migrants a également provoqué une brève crise diplomatique entre Rome et Paris avant qu'Emmanuel Macron et le président du Conseil italien Giuseppe Conte ne scellent à Paris vendredi leur "entente parfaite".

Sous pression d'une partie de l'opposition de gauche, d'élus de la majorité et d'associations humanitaires pour faire un geste en faveur des 629 migrants à bord de l'Aquarius, la France a de son côté invoqué le droit international maritime pour justifier son refus de ne pas laisser accoster le navire.

"Je le dis à tous les donneurs de leçons : allez m'expliquer qu'il faudrait accueillir tout le monde aujourd'hui mais regardez la société française et ses fractures !", a souligné Emmanuel Macron jeudi à Quimper. "Regardez ce que nous faisons aussi et nous n'avons pas à en rougir. Je veux que la France et la cohésion nationale se tiennent, que les classes moyennes trouvent leur place et en même temps être à la hauteur de notre tradition d 'accueil et d'asile".

"Regardez ailleurs lorsque d'autres trahissent même l'asile, font les pires provocations humanitaires, c'est cela qu'il faut dénoncer, (...) se scandaliser contre le nationalisme qui renaît contre la frontière fermée que certains proposent", a-t-il ajouté, dans une allusion à l'"axe" proposé par les ministres de l'Intérieur de l'Autriche, de l'Allemagne et de l'Italie contre l'immigration illégale.

"Ici (en Bretagne-NDLR), c'est une de ces terres de la République où on aime l'Europe, où on la défend (...) aujourd'hui j'ai besoin de ces terres qui croient en l'Europe, des Françaises et des Français qui croient en ce projet parce qu'ils savent notre histoire, le prix du nationalisme, le coût de la bêtise", a-t-il lancé.

(Marine Pennetier, avec Stéphane Mahé à Quimper, édité par Yves Clarisse)


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