»
»
»
Consultation

Macron attendu au tournant sur l'écologie avant la COP24

Macron attendu au tournant sur l'écologie avant la COP24
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Auteur du slogan "Make our planet great again" et sacré "champion de la Terre" à l'Onu, Emmanuel Macron est attendu mardi au tournant sur les questions de transition énergétique, sur fond de grogne contre la taxation des carburants en France et à quelques jours de la COP 24 en Pologne.

Dix jours après le début du mouvement des "Gilets jaunes", le chef de l'Etat réunit les membres du Conseil national de la transition écologique (CNTE) pour "préciser le cap et la méthode de la transition" et dévoiler les grandes lignes de la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE).

Un "Haut Conseil pour le climat", placé sous l'autorité du Premier ministre et composé d'experts, sera à cette occasion mis en place avec pour mission d'intervenir "sur toutes les politiques publiques" et de s'assurer de la "soutenabilité sociale et économique de ces politiques".

Annoncée dimanche à la surprise générale, cette nouvelle instance se veut une réponse aux "Gilets jaunes" qui manifestent contre la hausse du prix des carburants, et plus largement autour de la question du pouvoir d'achat.

"Il est clair que notre devoir est de réussir à redonner aux classes populaires et aux classes moyennes des perspectives, une capacité à construire le progrès", a souligné Emmanuel Macron dimanche à Bruxelles en marge d'un sommet sur le Brexit, dans une allusion au mouvement de protestation en France.

"PAS DE VIRAGE A 180 DEGRÉS"

Au-delà de cette annonce symbolique sur la méthode - l'exécutif parle désormais de "pacte" associant les corps intermédiaires et les citoyens après avoir dans un premier temps refusé le "Grenelle" de l'environnement proposé par la CFDT -, l'Elysée exclut tout changement de cap fiscal.

"Le tournant de demain ne porte pas sur le contenu de notre politique, il porte sur la méthode : comment nous pouvons associer les citoyens, leurs représentants - associations, syndicats, corps intermédiaires - et les élus locaux", a déclaré Gilles Le Gendre, patron des députés LaRem, sur LCI.

"Il n'y a pas de virage à 180 degrés sur la politique que nous menons (...) Les politiques que nous menons depuis 18 mois vont être poursuivies et intensifiées", a-t-il prévenu lundi.

Au sommet de l'Etat, on met en avant les 500 millions d'euros d'aides supplémentaires annoncées mi-novembre (création d'une surprime à la conversion automobile en janvier 2019 pour les 20 % des Français les plus modestes, augmentation de 50 euros du chèque énergie et élargissement du dispositif des indemnités kilométriques...).

Pas question donc, comme le réclament les "Gilets jaunes" et une partie de l'opposition, de revenir sur la hausse de 6,5 centimes par litre de diesel et 2,9 centimes pour l'essence au 1er janvier 2019.

La taxe carbone sera maintenue "parce que les Français, que ce soient des particuliers ou des entreprises, seraient les premiers à nous reprocher de changer de pied tous les ans", a dit le ministre de la Transition écologique François de Rugy la semaine dernière. "Il faut que la fiscalité soit prévisible".

"MESURES URGENTES ET PUISSANTES"

"Champion de la Terre" à l'international, Emmanuel Macron, qui se fera représenter lundi prochain à la COP24 en Pologne par son Premier ministre Edouard Philippe, peine toutefois toujours à convaincre sur ses ambitions écologistes en France. Sa promesse de "décisions historiques et structurantes" sur la PPE a été accueillie avec scepticisme par les militants écologistes.

"Nous ne nous fions pas aux effets d’annonce du gouvernement, mettre en avant la fermeture de centrales à charbon ne suffit pas", a prévenu Greenpeace.

"A quelques jours de la COP 24, Emmanuel Macron s’apprête à faire le choix de ralentir la transition énergétique européenne, empêchant ainsi une réhausse de l’ambition climatique au sein de l’UE, pour la seule satisfaction de la filière nucléaire", a ajouté l'ONG en faisant allusion au report annoncé pour 2035, au lieu de 2025, de la réduction de la part du nucléaire dans la production d'électricité en France.

"Sans un ensemble de mesures urgentes, puissantes et convergentes, nous courons le risque de perdre la course engagée contre le réchauffement", a renchéri l'ancien chef de la diplomatie et artisan de l'accord de Paris sur le climat Laurent Fabius, dans une tribune au Journal du Dimanche.

Selon un rapport de l'Institute for Climate Economics (I4CE) publié lundi, si les investissements pour le climat dépassent désormais les 40 milliards d’euros, la France et les Français investissent presque deux fois plus dans les énergies fossiles défavorables au climat.

(Marine Pennetier, avec Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse)


click here for restriction
©2018 Reuters

Reuters

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Partenaires de Boursier.com