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Libération met à pied des journalistes accusés de harcèlement

Libération met à pied des journalistes accusés de harcèlement

PARIS (Reuters) - Libération a annoncé lundi la mise à pied à titre conservatoire de deux journalistes appartenant à un groupe accusé d'avoir harcelé des dizaines de personnes sur Internet.

Cette mise à pied "ne préjuge en rien d'une culpabilité quelconque" d'Alexandre Hervaud (service Internet) et Vincent Glad (collaborateur), précise le directeur de la rédaction du quotidien, cité par Le Monde.

"Nous prenons cela très au sérieux", ajoute Laurent Joffrin, en précisant qu'une enquête interne a été lancée.

Vincent Glad a expliqué sur Twitter avoir créé le groupe Facebook "La ligue du LOL", dont des membres se sont adonnés au début des années 2010 à des pratiques qualifiées aujourd'hui de harcèlement pas certains de leurs auteurs.

Certaines de leurs cibles ont dénoncé ces derniers jours des entraves à leur carrière et un dénigrement systématique et coordonné de la part de membres du groupe ou de leur entourage, étayant leurs témoignages de photos de messages violents.

Des femmes, notamment journalistes ou blogueuses féministes, semblent avoir été particulièrement visées.

Vincent Glad a assuré que l'objectif de ce groupe "n'était pas de harceler des femmes. Seulement de s'amuser. Mais rapidement, notre manière de s'amuser est devenue très problématique". "On parlait de trolling, c'était du harcèlement", a-t-il ajouté.

Dans un autre message d'excuse, Alexandre Hervaud déclare quant à lui n'avoir "aucune responsabilité dans des faits graves (usurpation d'identité, canulars, menaces...) évoqués par certains".

"PARMI LES BOURREAUX"

Christophe Carron, rédacteur en chef au sein du site Internet Slate, s'est dit "désolé" d'avoir fait partie de ce groupe. "Je crois n'avoir nui socialement ou professionnellement à personne, ni harcelé quiconque", a-t-il précisé dans un autre message.

David Doucet, rédacteur en chef web du magazine Les Inrockuptibles, a dit son "effroi" d'avoir pris conscience qu'il comptait "parmi les bourreaux".

Stephen des Aulnois a quant à lui reconnu avoir participé au groupe "dont les actions répétées sont du harcèlement" et annoncé son retrait du poste de rédacteur en chef d'un magazine pornographique sur Internet.

Le secrétaire d'Etat au Numérique, Mounir Mahjoubi, a fustigé dimanche "des lâches et des harceleurs". "J’ai invité les victimes à rendre publics les faits, même prescrits, et pour ceux non prescrits à déposer plainte. Ils doivent rendre compte de leurs actions", a-t-il écrit sur Twitter.

La secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, Marlène Schiappa, a dit sa solidarité avec les "blogueuses et journalistes qui ont eu à subir le harcèlement sexiste de la #LigueDuLol".

"Ce n’est pas 'Internet' qui est impitoyable, c’est ce qu’on en fait", a-t-elle écrit sur Twitter.

"Celles et ceux qui couvrent les sujets sur les femmes sont les premières victimes du cyber-harcèlement. Navrant que des journalistes s'y prêtent", a souligné l'organisation de défense des journalistes, Reporters sans frontières, en ciblant "La Ligue du LOL".

LOL est l'acronyme de "laugh(ing) out loud" (rire bruyamment), utilisé sur Internet pour marquer une intention humoristique ou sarcastique.

(Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse)


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