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Les régions réticentes à instaurer un "chèque carburant"

Les régions réticentes à instaurer un "chèque carburant"
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse ont allongé mercredi la liste des présidents de région réticents à l'idée émise par Emmanuel Macron d'instaurer, avec l'aide de l'Etat, une subvention compensant la hausse politiquement sensible du prix des carburants.

A droite comme à gauche, des présidents de collectivités critiquent un système qui aurait des allures d'"usine à gaz", les régions étant selon eux incitées à rendre d'un côté ce que l'Etat prendrait de l'autre sous la forme de taxes à la pompe.

"La gribouille fiscale a atteint des sommets", a fustigé Valérie Pécresse, à la tête de la région Île-de-France, sur Radio Classique. "Aujourd'hui, les Français ne veulent pas recevoir des chèques, les Français veulent juste que les impôts baissent, c'est tout."

"Je ne me lancerai pas dans le concours Lépine de la subvention la plus intelligente parce que (...) les subventions des régions sont payées avec l'argent des contribuables", a ajouté l'élue Les Républicains (LR), qui voit dans la suggestion d'Emmanuel Macron "un jeu de bonneteau".

Pour conjurer la polémique sur les tarifs des carburants, tirés vers le haut par les cours du pétrole et dans une moindre mesure par la fiscalité, le chef de l'Etat a avancé plusieurs pistes cette semaine, comme celle de généraliser l'aide mensuelle de 20 euros mise en place dans les Hauts-de-France.

"Il faut travailler avec les collectivités locales, les employeurs, intelligemment", pour aider les salariés contraints de faire plusieurs dizaines de kilomètres de route chaque jour, a-t-il dit dans une interview à Europe 1 diffusée mardi.

"SHADOKS"

"Ce que je propose au président de la République, c'est que moi, dans ma région, je suis prêt à baisser les taxes sur l'essence", lui a répondu Laurent Wauquiez, président d'Auvergne-Rhône-Alpes et de LR, sur France Inter.

"Les taxes qui dépendent de la région sont très symboliques mais je suis prêt à les baisser, à condition que le président de la République, lui de son côté, s'engage à arrêter les hausses de taxes", a-t-il poursuivi.

Aux yeux de Laurent Wauquiez, "on habille avec des oripeaux d'écologiste un discours qui consiste juste à remplir les caisses de l'Etat au détriment du pouvoir d'achat des Français".

Mardi, le centriste Hervé Morin, qui préside la région Normandie et l'association Régions de France, avait appelé à arrêter "de se comporter en Shadoks"- une référence à des personnages de dessin animé aux manies saugrenues particulièrement improductives.

La socialiste Carole Delga, présidente de la région Occitanie, a elle aussi émis des réserves sur le même thème.

La contestation s'est embrasée ces dernières semaines au point de prendre un tour politique.

L'opposition demande au gouvernement de renoncer à la hausse graduelle des taxes sur les carburants, qui doit représenter 6,5 centimes par litre de diesel et 2,9 centimes pour l'essence au 1er janvier 2019.

(Simon Carraud, édité par Yves Clarisse)


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