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Les rebelles tchadiens prêts à un cessez-le-feu si Déby s'en va

Les rebelles tchadiens prêts à un cessez-le-feu si Déby s'en va

N'DJAMENA (Reuters) - Les rebelles tchadiens se disent prêts à un cessez-le-feu à condition qu'une solution soit trouvée sur le
départ du président Idriss Déby.

Ils ont accusé les soldats français d'être directement intervenus dans les combats de samedi et dimanche à N'Djamena aux
côtés des forces gouvernementales en engageant des hélicoptères et des blindés, et d'avoir tué des civils.

"Nous sommes pour un cessez-le-feu si les médiateurs trouvent une solution prévoyant que le président Idriss Déby quitte le
pouvoir", a dit le porte-parole des rebelles, Henchi Ordjo, par téléphone à Reuters.

"La France a été directement engagée dans le conflit (...) et a causé des pertes civiles", a-t-il ajouté, affirmant parler d'un
endroit non précisé dans la capitale tchadienne.

A Paris, le porte-parole de l'état-major a assuré que les militaires français n'avaient jamais pris part aux combats entre armée
régulière et rebelles.

"Comme le disent les rebelles, il y a certainement beaucoup de victimes civiles des combats dans le centre de N'Djamena,
auxquels nous n'avons jamais pris part", a expliqué le capitaine de vaisseau Christophe Prazuck.

"Notre seule mission consiste à protéger nos ressortissants et les ressortissants étrangers", a-t-il ajouté, précisant que 1.000
personnes avaient été évacuées vers Libreville et 250 autres restaient sous protection française dans la capitale tchadienne.

En ville ou sur l'aéroport de N'Djamena, les forces françaises ont été prises ces derniers jours dans des "accrochages et ont
répliqué. C'était de la légitime défense", a-t-il ajouté.

Le bilan humain est "sûrement très lourd", a-t-on précisé de source militaire sans plus de détails. "Si les rebelles appellent au
cessez-le-feu, c'est qu'ils n'ont plus rien, qu'ils ont été défaits totalement par l'armée régulière", a-t-on ajouté de même source.

ACCORD DE COOPÉRATION

Après deux jours de combats, les rebelles se sont retirés dimanche soir de N'Djamena tout en promettant un nouvel assaut. La
ville était calme mardi matin.

Le Conseil de sécurité de l'Onu a invité lundi la communauté internationale à soutenir le gouvernement tchadien "en conformité
avec la Charte des Nations unies".

En vertu d'un accord de coopération datant de 1976, complété par le dispositif Epervier déployé en 1986, l'armée française
mène au Tchad une mission de soutien logistique et médical ainsi qu'un appui au renseignement.

"En aucun cas il ne s'agit d'un accord de défense qui donnerait à la France l'obligation d'intervenir pour protéger la
souveraineté" du Tchad, a répété le ministre français de la Défense, Hervé Morin, sur RFI.

Interrogé sur la situation sur le terrain, il a déclaré: "chaque jour et chaque heure permet de montrer que (le président Idriss)
Déby reprend la main sur le territoire tchadien et que les choses s'améliorent pour lui."

"Les rebelles ont encore des moyens militaires donc la situation reste incertaine, la victoire d'Idriss Déby n'est pas encore
scellée", a-t-il cependant ajouté. "Nous ne constatons pas de colonnes rebelles arrivant en soutien".

Les missions françaises de renseignement permettent également de "contrôler et vérifier les soi-disant implications étrangères
et pour l'instant nous n'avons rien vu", a affirmé Hervé Morin.

"Ce qui est certain, c'est que les forces rebelles étaient du côté de la frontières soudanaise. Ce que nous pourrons savoir dans
les jours qui viennent, c'est exactement quelle a été l'implication des Soudanais dans l'action militaire qui a été celle des forces
rebelles", a-t-il ajouté.

Pascal Fletcher avec Laure Bretton à Paris, version française Guy Kerivel


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