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Les primes ne doivent pas occulter les négociations sur les salaires, selon les syndicats

Les primes ne doivent pas occulter les négociations sur les salaires, selon les syndicats
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Une prime défiscalisée peut calmer la colère des "Gilets jaunes" mais ne réglera pas les "problèmes structurels" en France, estiment les syndicats qui exhortent les entreprises à ouvrir des négociations salariales malgré la réticence du patronat.

Pour le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, la prime défiscalisée versée par les entreprises proposée jeudi par le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, "est une solution 'one shot' qui n'est pas une solution structurelle".

"La vraie solution, c'est comment on répartit mieux les richesses dans ce pays à travers les politiques de rémunération dans les entreprises et les branches et comment on a une fiscalité beaucoup plus juste qui fait que les haut revenus contribuent davantage au bien commun", a-t-il dit à la presse à l'issue d'une réunion au ministère du Travail.

Le syndicaliste était invité, comme tous les partenaires sociaux, à discuter avec les ministres du Travail, des Transports et de la Cohésion des territoires des solutions à apporter à la crise sans précédent que connaît le gouvernement.

"Evidemment que si on se met d'accord rapidement pour que les entreprises versent à tous les salariés une prime de 1.000 euros dans les semaines qui viennent, ce sera le bienvenu pour les salariés", a dit le secrétaire général de Force ouvrière.

"Ce serait une réponse immédiate qui aurait vocation à faire en sorte qu'on apaise les choses", a ajouté Yves Veyrier. "Il n'en demeure pas moins que la question des salaires demeurera posée de manière beaucoup plus structurelle."

Pour cela, il propose d'augmenter le smic, ce qui entraînerait automatiquement l'ouverture de négociations dans les branches, ainsi que le point d'indice de la Fonction publique qui sert à calculer la rémunération des fonctionnaires.

Selon la ministre du Travail, le thème du salaire et du pouvoir d'achat a été évoqué lors de la réunion, ainsi que les transports, le logement, la fiscalité et les services publics.

Muriel Pénicaud a proposé aux partenaires sociaux de les rencontrer deux fois par semaine pour discuter de solutions à mettre en place à court et long terme. Le calendrier sera fixé lors d'une prochaine séance de discussion mardi prochain.

LE PATRONAT OUVERT À LA PRIME

Pour le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, des négociations de salaires, "il y en a tout le temps".

"Chaque branche ou entreprise est dans une situation différente. Il y en a qui ont négocié l'année dernière des augmentations, qui pourront peut-être moins le faire cette année, il y en a d'autres qui sont dans la situation inverse".

Le patronat (Medef, CPME et U2P) s'est montré ouvert à l'idée de verser une "prime exceptionnelle à condition qu'elle soit sur une base volontaire", versée sur toute l'année, défiscalisée et exonérée de charges sociales. La CPME et l'U2P proposent que cette prime soit d'un montant de 1.000 euros.

La CPME propose également d'inciter les salariés à faire des heures supplémentaires pour obtenir d'avantage de pouvoir d'achat, mais qu'elles soient défiscalisées et "désocialisées".

Pour Muriel Pénicaud, "on ne va pas imposer par la loi une augmentation générale des salaires, ça n'a pas de sens, on détruirait de la compétitivité (...) et de l'emploi".

"Chacun a sa part à faire dans la crise que traverse la France et les entreprises ont beaucoup à faire", a-t-elle dit vendredi sur BFM Business, en leur proposant de se saisir des réformes mises en place par le gouvernement.

"Ça va être le moment des négociations salariales, la loi Pacte va permettre d'augmenter aussi l'intéressement et la participation, la loi Avenir professionnel permet d'augmenter les salaires des femmes."

Le gouvernement a annoncé une série de mesures sociales cette semaine pour apaiser la colère des "Gilets jaunes". Outre la prime défiscalisée, le Premier ministre a promis d'"examiner toutes les mesures qui permettraient d’augmenter les rémunérations au niveau du smic sans pénaliser excessivement la compétitivité de nos entreprises". et

(Caroline Pailliez, édité par Yves Clarisse)


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