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Les pensions de réversion seront maintenues

Les pensions de réversion seront maintenues

Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Le gouvernement ne supprimera pas les pensions de réversion en faveur des veuves et des veufs mais remettra à plat ce dispositif qui "donne lieu à de nombreuses inégalités", a déclaré mardi la ministre de la Santé.

"Il n'a jamais été question de supprimer les pensions de réversion. Les pensions de réversion sont et resteront un outil extrêmement puissant pour lutter contre la pauvreté des veuves", a dit Agnès Buzyn pour mettre fin aux spéculations en marge des concertations sur la réforme du régime des retraites.

Signe de la volonté de l'exécutif de mettre un terme aux rumeurs sur ce dossier, Emmanuel Macron, en déplacement à Rome pour rencontrer le pape, a enfoncé le clou sur Twitter.

"Il n’est pas question de supprimer les pensions de réversion pour les futurs retraités, qui bénéficieront des mêmes prestations pour chaque euro cotisé", a-t-il écrit, ajoutant qu'aucun bénéficiaire actuel ne verrait "sa pension de réversion diminuer ne serait-ce que d’un centime".

Cette réforme annoncée pour 2019 prévoit une uniformisation des 42 régimes existants ainsi que la mise en place d'un système par points. Elle vise également à gagner en lisibilité pour que le régime soit "plus juste et universel".

"Actuellement, les règles en matière de réversion sont particulièrement complexes et surtout extrêmement différentes d'un régime à l'autre. C'est ce qui donne lieu à de nombreuses inégalités", a ajouté Agnès Buzyn lors de la période de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale.

DÉSAMORCER LA BOMBE

La polémique autour des pensions de réversion, dispositif qui permet au conjoint d'une personne décédée de toucher à vie une partie de la pension de son partenaire, est née d'une question posée par le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, aux partenaires sociaux sur l'intérêt leur existence.

"Compte tenu des évolutions en matière de taux d'emploi des femmes et de conjugalité, doit-on maintenir des pensions de réversion? Le cas échéant, quels objectifs leur assigner et sur quels critères?", peut-on lire dans le document de travail.

Les pensions de réversion ont bénéficié en 2016 à 4,4 millions de personnes dont, pour 89%, des femmes. Pour 1,1 million d'entre elles, ce droit constitue leur unique pension de retraite. Le montant moyen de ces prestations est de 304 euros pour les hommes et de 642 euros pour les femmes.

Ces questions ont suscité de vives inquiétudes de la part de certains groupes de retraités qui craignent que l'on diminue les revenus des plus démunis.

"Il n'y a pas de fumée sans feu", a écrit Ensemble & Solidaires - UNRPA dans un communiqué. La question "pourrait préparer les esprits à leur diminution et à l'aggravation des inégalités".

Jean-Paul Delevoye a lui aussi voulu désamorcer le dossier en assurant devant des journalistes que le but était bien d'harmoniser les règles, mais "à enveloppe constante".

"Je ne suis pas là pour me nourrir sur le dos des veuves", a-t-il ajouté.

36 MILLIARDS D'EUROS

La réversion représente aujourd'hui 11% des dépenses de retraite, soit une somme de 36 milliards d'euros environ (1,5% du PIB). Elle peut toutefois grandement varier d'un régime à l'autre.

Cette pension n'est, par exemple, ouverte qu'aux conjoints mariés. Elle est parfois assortie d'une condition d'âge, d'une condition de ressources, ou encore d'une condition de durée du mariage. En cas de remariage, elle peut s'interrompre (jusqu'à un éventuel divorce), ou bien être complètement supprimée. Les taux de réversion varient également de 50% à 60%.

Pour Jean-Paul Delevoye, il faut se demander si la réversion est "la traduction d'un travail partagé", auquel cas il peut être normal qu'au moment de la retraite on prolonge cette activité contractualisée et qu'on la finance par le régime de retraite.

Si, à l'inverse, on considère que la réversion est une solidarité de l'Etat et donc une politique familiale, il peut être plus cohérent de la financer par l'impôt, dit-il.

Tous ces sujets font l'objet de discussions. Les thèmes abordés jusqu'à l'été traitent de la définition du système universel, de la solidarité et des droits familiaux, explique la ministre de la Santé.

A partir de l'automne, ils porteront sur les conditions d'ouverture des droits à la retraite, la reconnaissance des spécificités de certains parcours professionnels et des modalités de transition entre l'ancien régime et le nouveau régime.

(Caroline Pailliez, édité par Yves Clarisse)


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