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Les ouvriers de Goodyear prêts à aller jusqu'au bout

Les ouvriers de Goodyear prêts à aller jusqu'au bout

LILLE (Reuters) - Les ouvriers de l'usine Goodyear d'Amiens-Nord, qui détiennent deux cadres depuis 24 heures, sont prêts à aller "jusqu'au bout" pour obtenir des indemnités conséquentes, a déclaré mardi l'un de leurs représentants.

Le directeur de la production et le directeur des ressources humaines de cette usine menacée de fermeture sont retenus dans une salle de réunion depuis lundi par des syndicalistes.

"L'emploi est perdu puisque depuis un an on perd tous nos jugements", a déclaré le délégué CGT Franck Jurek. "Alors on a décidé avec les ouvriers de changer de tactique (...) pour gagner le plus de fric possible."

"On va aller jusqu'au bout du processus", a-t-il ajouté. "Ça peut durer encore quelques heures, ça peut durer quelques jours, quelques semaines. Tant qu'on n'aura pas gain de cause, ces deux personnes (...) resteront avec nous", a-t-il ajouté.

Les deux hommes "ont à boire et à manger", a assuré Franck Jurek, secrétaire adjoint du comité d'entreprise.

La fermeture du site Goodyear d'Amiens-Nord a été annoncée en janvier 2013, après des années de relations tendues entre les dirigeants de Goodyear et les syndicats.

La direction de Goodyear a annoncé en novembre que la procédure de consultation du personnel était terminée.

Les syndicats, qui avaient entamé des procédures pour faire annuler le plan social annoncé et les 1.170 suppressions d'emplois, ont été déboutés le 20 décembre.

Une réunion est prévue mardi à Amiens avec des représentants de la direction de Goodyear et des responsables des pouvoirs publics pour tenter de débloquer la situation.

"HORS-LA-LOI"

La CGT réclame, s'il n'y a pas de repreneur, "un plan de départs volontaires" assorti d'indemnités importantes pour tous les salariés licenciés.

"On demande la base du plan de départs volontaires, c'est-à-dire le minimum de 80.000 euros pour les nouveaux embauchés et jusqu'à 180.000 euros pour les anciens, plus 1.500 euros par année d'ancienneté", a précisé Franck Jurek. "Ensuite on demande aussi 24 mois de congés de reconversion et non pas 15 mois."

"Quand vous perdez votre emploi, vous défendez ce que vous pouvez défendre, c'est-à-dire de l'argent. Alors on ira jusqu'au bout, même si on est hors-la-loi", a-t-il insisté.

Le patron du groupe américain Titan, un temps intéressé par le rachat de l'usine avec la reprise de 333 salariés, a qualifié sur RTL les syndicalistes d'Amiens-Nord de preneurs d'otage.

"C'est vraiment stupide", a déclaré Maurice Taylor. "Aux Etats-Unis, c'est du kidnapping. S'ils faisaient ça là-bas, ils iraient en prison. Pourquoi ne vont-ils pas (...) faire un hold-up dans une série de banques françaises ? Ainsi, ils pourraient racheter Goodyear (...) Ils sont fous."

Le Medef, principale organisation patronale française, a pour sa part condamné la séquestration des deux cadres - "des pratiques d'un autre âge, totalement inacceptables".

Le secrétaire national du Parti communiste français, Pierre Laurent, a en revanche jugé "légitime" la colère des salariés de Goodyear, dans une interview à RMC et BFM TV.

"Je les soutiens, je les ai soutenus depuis le premier jour. Moi, ça me tord les tripes quand j'entends ça. Il faut bien voir que c'est des gens dont la vie s'arrête (...) et personne ne les écoute", a-t-il dit. "Ils sont au bout du rouleau, ils sont acculés (...) Je comprends leur colère."

Pierre Savary à Lille, avec Emmanuel Jarry à Paris, édité par Yves Clarisse


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