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Les négociations sur l'égalité professionnelle mal engagées

Les négociations sur l'égalité professionnelle mal engagées
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Force ouvrière (FO) a annoncé qu'elle boycotterait la séance de négociation sur l'égalité hommes-femmes dans la Fonction publique prévue ce mardi l'après-midi, un mauvais départ pour ces discussions censées aboutir à la fin du mois.

Le ministère de l'Action et des Comptes publics devait tenir cette première séance après huit sessions de discussions techniques étalées de mars à juillet. Deux autres séances de discussions sont prévues le 15 et le 24 octobre.

Il a transmis aux organisations syndicales une première proposition d'accord, en amont de la rencontre.

"Sur la forme et sur le fond, cette entame de négociation n’est pas convenable", a déclaré FO Fonction publique, dénonçant "un calendrier contraint, des réunions stériles qui s’enchaînent et un dialogue social qui tourne au monologue".

La fédération dit dans un communiqué attendre "de réelles négociations" basées sur ses revendications "avec l'objectif de donner de nouveaux droits".

D'autres syndicats de fonctionnaires ont fait part de leurs inquiétudes vis-à-vis de l'avant-projet, estimant qu'il ne permettait pas, en l'état actuel et compte tenu du calendrier, de parvenir à un accord ambitieux.

"On retrouve un nombre de sujets qu'on voulait voir apparaître dans le projet", a dit Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU. "Mais ce n'est pas suffisant. Il faut préciser ce qu'on va faire, quels outils on se donne".

La CGT dénonce, tout comme la FSU, un manque de mesures contraignantes pour l'employeur et craint que l'accord ne produise pas les résultats escomptés.

Pour l'UNSA, "il faut que le gouvernement précise ses intentions". "Le fait que dans le protocole, le gouvernement décide de laisser des blancs pose question", dit le secrétaire national de l'UNSA, Luc Farré.

"FRANCHIR UNE NOUVELLE ÉTAPE"

Les négociations se tiennent dans un climat de tension, à l'heure où le gouvernement veut réformer la Fonction publique avec pour objectif de réaliser des économies et de supprimer 120.000 postes de fonctionnaires sur le quinquennat.

Cinq des neuf organisations syndicales ont appelé à manifester le 9 octobre aux côtés de la CGT et Force ouvrière pour une mobilisation interprofessionnelle.

L'avant-projet propose de rendre obligatoire pour tout employeur public l'élaboration et la mise en oeuvre d'un plan d'action dédié à l'égalité professionnelle, de déployer des référents "égalité" dans les instances, de développer la mixité des métiers, ou encore de renforcer le dispositif de nominations équilibrées dans l'encadrement supérieur.

Le gouvernement souhaite également améliorer la méthodologie pour calculer les écarts salariaux, renforcer la transparence sur les éléments de rémunération, permettre une meilleure articulation des temps de vie professionnelle et personnelle, ou encore renforcer la prévention et la lutte contre les violences sexuelles et sexistes.

Le secrétaire d'Etat auprès du ministère de l'Action et des Comptes publics, Olivier Dussopt, a dit début septembre qu'il se donnait pour objectif de "franchir une nouvelle étape" par rapport à l'accord de 2013, dernier accord sur le sujet.

Il a fait savoir qu'il souhaitait instaurer des "pénalités financières pour les employeurs publics qui ne joueraient pas le jeu". Le texte parle pour l'instant "d'actions assorties d'objectifs chiffrés" pour résorber les écarts de rémunération.

Parmi les 23.033 postes dans les corps et emplois d'encadrement supérieur et de direction, 35% sont occupés par des femmes, alors qu'elles représentent 62% des agents de la fonction publique, selon le rapport annuel sur l'égalité professionnelle de 2017.

L'écart entre le salaire net mensuel des femmes et des hommes était de 400 euros dans la fonction publique d'Etat, de 185 euros dans la fonction publique territoriale et de 550 euros dans la fonction publique hospitalière.

(Caroline Pailliez, édité par Yves Clarisse)


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