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Les multinationales multiplient les investissements en France avant Davos

Les multinationales multiplient les investissements en France avant Davos
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Toyota, Facebook, SAP ou encore Novartis ont annoncé lundi une série d'investissements en France à l'occasion d'un mini-sommet réunissant quelque 140 dirigeants de multinationales invités à Versailles par Emmanuel Macron, qui tente de convaincre les décideurs de miser sur la France dans un contexte post-Brexit.

Au total, les annonces dévoilées ou confirmées à l'occasion de ce sommet baptisé "Choose France" ("Choisissez la France") et organisé deux jours avant le forum économique mondial de Davos, représentent près de 3,5 milliards d'euros d'investissements et près de 2.200 emplois sur 5 ans, selon l'Elysée.

Après un déjeuner avec le Premier ministre Edouard Philippe et un entretien avec une quinzaine de ministres, les dirigeants d'entreprises - parmi lesquels ceux de Goldman Sachs, JP Morgan, Facebook, SAP, UPS, Novartis, Cisco, Google ou Alibaba - ont été rejoints en fin de journée par Emmanuel Macron sous les ors du château de Versailles.

Au-delà du symbole, ce sommet a été rythmé par une série d'annonces, dont celle de Facebook..

"On est dans le registre de l'emblématique, ça envoie le signal de la compétitivité de la France sur l'intelligence artificielle et c'est fondamental dans le monde, vis-à-vis des Etats-Unis et de l'Asie", se félicite-t-on à l'Elysée.

INVESTISSEMENT DE TOYOTA DANS LE NORD

Le constructeur japonais Toyota a lui officialisé son intention d'investir 300 millions d'euros dans son usine d'Onnaing (Nord), un plan qui va se traduire par la création de près de 700 emplois en CDI.

"Si Toyota décide d'investir 300 millions et créer 700 CDI ici, c'est parce que vous êtes bons", a dit Emmanuel Macron à des salariés de l'usine, lors d'une visite sur place en début d'après-midi. "On va essayer de le montrer à de grands groupes, c'est l'engagement des gens dans l'entreprise qui compte".

Le géant allemand du logiciel SAP a annoncé son intention d'investir plus de deux milliards d'euros sur cinq ans en faveur de l'innovation en France et Google va ouvrir un centre de recherche fondamentale sur l'intelligence artificielle en France, le deuxième en Europe après Zurich.

"C'est notre capacité à mettre en valeur ces projets qui fait que ça fait effet boule de neige", estime-t-on à l'Elysée. "Naturellement on anticipe aussi que des groupes repensent leur vision de la France".

Si ce type d'opération de communication n'est pas inédit - il existait déjà sous François Hollande et Nicolas Sarkozy -, il l'est par le nombre de participants et leur diversité. La moitié des dirigeants présents sont à la tête d'entreprises européennes, 25% d'entreprises américaines et 25% de groupes d'Afrique, du Moyen-Orient et d'Asie.

FIN DE LA DÉFIANCE?

Le chef de l'Etat n'en est pas à son premier coup d'essai en terme d'offensive diplomatique et économique. En octobre, il avait déjà réuni une vingtaine de grands investisseurs internationaux pour un dîner à l'Elysée au cours duquel il avait mis en avant les réformes adoptées depuis son arrivée à l'Elysée, notamment celle du code du Travail.

Au-delà de cette réforme clef du début du quinquennat, l'exécutif a multiplié des mesures fiscales - réduction du taux d'imposition pour les sociétés d'ici 2022, "flat tax" pour les revenus du capital et réforme de l'impôt sur la fortune (ISF) - destinés à convaincre les investisseurs et les chefs d'entreprises de miser sur la France.

Et selon un sondage Ipsos publié en décembre, l'effet "Macron" sur les investisseurs commencerait à prendre. Soixante pour cent des responsables d'entreprises étrangères implantées en France interrogés estimaient que le pays était attractif depuis l'élection présidentielle, contre 36% en 2016.

"La défiance que certains investisseurs, industriels ou financiers pouvaient avoir historiquement à l'égard de la France était liée à l'instablilité, ne pas savoir si l'année suivante des mesures fiscales allaient être prises et les pénaliser", analyse-t-on à l'Elysée. "Je pense que les investisseurs accordent le crédit de la stabilité au président. Il a toujours dit ce qu'il ferait et il fait ce qu'il a dit".

(Marine Pennetier, avec Jean-Baptiste Vey et Michel Rose, édité par Yves Clarisse)


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