Les Marocains aux urnes, les islamistes au pouvoir à l'épreuve de nouvelles règles électorales

Les Marocains aux urnes, les islamistes au pouvoir à l'épreuve de nouvelles règles électorales
Les Marocains aux urnes, les islamistes au pouvoir à l'épreuve de nouvelles règles électorales
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RABAT (Reuters) - Les Marocains ont voté mercredi pour des élections législatives et locales inaugurant de nouvelles règles électorales susceptibles de limiter le nombre de sièges attribués aux islamistes modérés du Parti de la Justice et du Développement (PJD) au pouvoir depuis 2011.

Les quelque 18 millions d'électeurs marocains, généralement peu enclins à se mobiliser pour les législatives, votaient également ce mercredi pour des élections municipales et régionales.

Le taux de participation s'est élevé à 50,18% des inscrits, en hausse par rapport au précédent scrutin de 2016 (43%), a déclaré le ministère de l'Intérieur.

Les sondages électoraux sont interdits au Maroc mais les analystes s'attendent à voir le PJD céder du terrain par rapport à ses concurrents du Parti authenticité et modernité (PAM) et du Rassemblement national des indépendants (RNI), qui se décrivent comme des formations sociales-démocrates.

Pour la première fois lors de ce scrutin législatif, la répartition des 395 sièges de la Chambre des représentants va désormais être régie par un calcul rapporté au nombre total des électeurs inscrits, alors que la formule en vigueur auparavant ne prenait en compte que les votes valides (hors votes blancs et nuls).

Ce nouveau mode de calcul devrait pénaliser les grands partis en limitant le nombre de sièges qui leur sont attribués, au profit de plus petites formations, et le PDJ a dénoncé ces nouvelles règles, jugeant qu'elles étaient directement ciblées contre sa majorité parlementaire.

Arrivés au pouvoir lors des législatives de 2011 dans le sillage du "Mouvement du 20-Février", déclinaison marocaine des "printemps arabes", les islamistes du PJD sont restés la plus grande force politique à la Chambre à l'issue des législatives de 2016, ce qui leur a permis de diriger le gouvernement lors des deux dernières mandatures.

Pour autant, ils ne sont pas parvenus à bloquer des lois auxquelles ils étaient opposés, notamment un texte sur l'autorisation de l'usage thérapeutique du cannabis et un autre visant à renforcer la présence de la langue française dans le système éducatif.

Le roi Mohammed VI, qui a transféré une partie de ses prérogatives au Parlement et au gouvernement dans le cadre d'une réforme constitutionnelle en 2011, conserve cependant la haute main sur de nombreux domaines.

Les nominations des principaux ministres relèvent de sa décision et non du Premier ministre qu'il choisit dans les rangs de la formation qui arrive en tête après les législatives. Il dicte aussi la politique menée dans des domaines stratégiques comme l'agriculture, l'énergie ou l'industrie, ainsi qu'en matière de sécurité et pour les affaires religieuses.

(Reportage Ahmed Eljechtimi, version française Myriam Rivet, édité par Bertrand Boucey et Jean-Stéphane Brosse)

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