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Les M'Barek écopent de 25 ans pour le meurtre de Shaftesbury

Les M'Barek écopent de 25 ans pour le meurtre de Shaftesbury

par Pierre Thebault

NICE (Reuters) - Mohamed et Jamila M'Barek, jugés pour l'assassinat en 2004 sur la Côte d'Azur d'Anthony Ashley-Cooper, lord Shaftesbury, ont été condamnés vendredi soir à une peine de 25 ans de réclusion criminelle chacun.

Les magistrats de la cour d'assises des Alpes-Maritimes ont donc suivi les réquisitions de l'avocat général, Jean-louis Moreau.

Mais la cour n'a pas retenu la demande que cette peine soit assortie pour les deux accusés d'une période de sûreté des deux tiers.

Dans le cas de Mohamed, qui est de nationalité tunisienne, l'avocat général avait également réclamé une interdiction définitive du territoire français.

"Les charges qui pèsent contre le frère et la soeur son accablantes", avait déclaré Jean-Louis Moreau dans son réquisitoire.

Crime crapuleux sur fond d'héritage, c'est la piste sur laquelle a débouché l'enquête sur la disparition d'un aristocrate anglais dont le corps décomposé fut retrouvé cinq mois plus tard, en avril 2005, au fond d'un vallon à Théoule-sur-Mer (Alpes-Maritimes).

Dans ce dossier, le parquet de Grasse a vite ciblé deux suspects et décidé le renvoi devant les assises de Jamila, troisième et dernière épouse du comte anglais, et de son frère Mohamed, 43 ans, de deux ans son cadet.

Dans son réquisitoire, Jean-Louis Moreau a fustigé l'attitude "inadmissible et indécente" des accusés tout au long du procès.

"Ils se sont permis d'invectiver la famille de Lord Shaftesbury", a-t-il dit.

"PLUS RIEN A PERDRE"

"Jamila n'a cessé de papillonner sur son banc, coupant sans cesse la parole au président du jury. Mohamed, lui, s'est livré à deux reprises à des conférences de presse dans le prétoire. Je n'ai jamais vu ça dans ma carrière."

Auparavant, Frances Ashley-Cooper, la soeur de l'aristocrate, partie civile, avait raconté comment son frère avait été méthodiquement pillé, selon elle, par son épouse Jamila.

"Ce qui l'a fracassé plus que tout, c'est quand il s'est aperçu que ses meubles, ceux qui lui venaient de notre mère, les souvenirs familiaux, les tableaux, les portraits de famille, étaient partis pour l'Algérie sur ordre de Jamila, sans qu'il en ait été averti", a-t-elle affirmé.

A la défense des intérêts de la famille Ashle-Cooper, Me Philippe Soussi a porté l'estocade en parlant du "spectacle abject, ignoble, offert par les accusés depuis le début du procès, un couple frère-soeur qui n'a jamais eu un mot d'excuse ou de regret envers la famille de la victime".

Il a insisté sur la préméditation du geste criminel commun du frère et de le soeur, unis selon lui dans un même intérêt cupide. En conclusion, Me Soussi a affirmé que dans ce drame, c'est bien la soeur, Jamila, qui a été l'instigatrice de la mort d'Anthony Ashley-Cooper.

"S'il est vrai qu'on ne tue pas la poule aux oeufs d'or, c'est bien elle qui a décidé de le supprimer, parce qu'elle n'avait plus rien à perdre, qu'elle n'avait plus rien à soutirer à son mari qui se préparait à la quitter, lui faisant perdre du même coup l'héritage", a-t-il dit.


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