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Les livreurs de repas gonflent les créations d'entreprises, selon une étude

Les livreurs de repas gonflent les créations d'entreprises, selon une étude
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Les livreurs de repas à vélo ont été à l'origine d'un bond inattendu des créations d'entreprises en juin et juillet en France, alors que quasiment tous les autres secteurs ont continué de souffrir de la crise provoquée par le nouveau coronavirus, montre une étude publiée mardi par le Conseil national des greffiers des tribunaux de commerce (CNGTC).

Omniprésents dans les grandes villes, les livreurs qui apportent les repas commandés sur les plateformes comme Uber Eats, Deliveroo et Just Eat se sont multipliés pendant les près de deux mois de confinement de mars à mai.

Une fois les restrictions levées, beaucoup d'entre eux sont allés s'enregistrer en tant qu'entrepreneurs au point que le nombre de nouvelles entreprises dans le secteur du transport et de l'entreposage, auquel ils appartiennent, a bondi de 29% en juin-juillet par rapport à la même période de 2019, selon cette étude réalisée par l'institut Xerfi I+C.

Ce dynamisme a contribué à ce que le nombre de créations d'entreprises grimpe de plus de 10% sur un an en juin-juillet, avec 82.887 immatriculations au registre du commerce.

En tenant compte de l'effondrement observé en mai, les créations d'entreprises ont en revanche baissé de 5,5% sur un an sur le trimestre mai-juillet.

Sur cette période, 10% des entreprises créées l'ont été dans les activités de livraison de repas, souligne l'étude.

En revanche, les difficultés se sont confirmées dans l'hébergement et la restauration, où le nombre d'immatriculations a baissé de 29%, mais aussi dans le commerce, la construction ou l'immobilier.

Cette évolution pourrait être vue comme un signe supplémentaire de l'"ubérisation" de l'économie dans laquelle se multiplient des prestataires indépendants, comme les livreurs de repas, ne bénéficiant pas des protections apportées aux salariés.

Parallèlement à la hausse des créations d'entreprises, les défaillances ont chuté de 42,5% sur le trimestre mai-juillet, avec 6.037 procédures ouvertes.

Pour expliquer cette contraction malgré la crise économique, le CNGTC insiste sur l'importance des divers dispositifs de soutien aux entreprises mis en place par l'Etat, comme les prêts garantis.

"C'est un peu paradoxal, on se disait que c'était un contexte favorable (...) à la défaillance. Mais les mesures mises en place ont évité une défaillance en masse", a dit Sophie Jonval, présidente du CNGTC.

Les mois à venir pourraient toutefois être plus difficiles, pense le CNGTC.

(Sarah White, avec Leigh Thomas, version française Bertrand Boucey, édité par Blandine Hénault)


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