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Les investisseurs attendent Trump sur le commerce, les Bourses à la peine

Les investisseurs attendent Trump sur le commerce, les Bourses à la peine
Crédit photo © Reuters

par Blandine Henault

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes ont entamé le mois de septembre dans le sillage du net repli accusé en août: elles se sont montrées encore très prudentes, clôturant en ordre dispersé vendredi, dans l'attente de nouveaux développements dans les négociations commerciales entre les Etats-Unis et leurs principaux partenaires, notamment la Chine.

À Paris, le CAC 40 a gagné 0,16% à 5.252,22 points mais recule de 2,85% sur la semaine. Le Footsie britannique a perdu 0,56%, pénalisé en particulier par la vigueur du sterling, et le Dax allemand a grappillé 0,04%.

L'indice EuroStoxx 50 a cédé 0,08%, le FTSEurofirst 300 a fini quasi stable (-0,01%) tandis que le Stoxx 600 a repris 0,08%.

Sur la semaine, l'indice paneuropéen accuse un repli de 2,2%, sa plus mauvaise performance hebdomadaire depuis près de six mois, après avoir déjà lâché 2,39% le mois dernier.

La semaine a été morose sur l'ensemble des marchés d'actions: l'indice MSCI mondial, qui regroupe 47 marchés, a perdu 1,7%, celui des seuls marchés émergents a cédé 3,2% et le S&P 500 à Wall Street, qui affichait une forme insolente en août, s'achemine vers un repli hebdomadaire de 0,8%.

La principale préoccupation des investisseurs reste l'issue des négociations commerciales en cours entre les Etats-Unis et leurs principaux partenaires.

La période de consultation étant officiellement close, l'administration Trump peut décider à tout moment de relever les droits de douane sur des produits importés de Chine pour un montant de 200 milliards de dollars (172 milliards d'euros), au risque de pousser Pékin à des mesures de représailles.

Le conseiller économique à la Maison blanche, Larry Kudlow, a indiqué vendredi sur la chaîne de télévision Bloomberg que le président américain ne prendrait aucune décision sur ces nouveaux tarifs douaniers avant d'évaluer les 5.914 commentaires collectés lors de cette consultation publique.

Parallèlement, selon la chaîne CNBC, Donald Trump aurait évoqué devant un chroniqueur du Wall Street Journal la possibilité d'ouvrir le débat sur les relations commerciales entre les Etats-Unis et le Japon.

Les négociations commerciales se poursuivent par ailleurs entre les Etats-Unis et le Canada et doivent reprendre lundi avec l'Union européenne, concernant notamment les droits de douane visant les importations de voitures.

HAUSSE MARQUÉE DES SALAIRES

Outre les tensions persistantes sur le commerce et les émergents, la Bourse de New York souffre vendredi de la publication d'un rapport mensuel sur l'emploi montrant en particulier une accélération de la hausse du salaire horaire moyen.

A la clôture des marchés en Europe, le Dow Jones cède 0,14%, le S&P 500 est pratiquement inchangé (-0,01%) tandis que le Nasdaq Composite rebondit (+0,21%) après deux séances de forte baisse.

"Avec un rapport sur l'emploi comme celui-là, la Fed va devoir continuer de relever les taux sinon certains vont avoir peur qu'elle prenne du retard par rapport à l'inflation, et cela rend les investisseurs obligataires vraiment nerveux", commente Bryce Doty, gérant senior de SIT Investment Associates.

Le rendement des emprunts d'Etat américains à dix ans bondit de plus de six points de base, à 2,9406%, son plus haut niveau depuis début août.

Parallèlement, le dollar progresse de 0,37% face à un panier de devises de référence alors qu'il évoluait en baisse avant la parution du rapport sur l'emploi.

Cela a ramené l'euro sous 1,16 dollar et réduit quelque peu les gains de la livre sterling, qui avait profité de propos jugés encourageants du négociateur de l'Union européenne, Michel Barnier, sur le Brexit.

SPÉCULATION SUR ILIAD

La seule éclaircie de la semaine est venue d'Italie, où les dirigeants du pays se sont engagés à respecter les règles de prudence budgétaire de l'UE dans la préparation de leur budget pour 2019.

Les rendements des emprunts d'Etat italiens ont amplifié vendredi leur mouvement de repli, ce qui a ramené le taux italien à dix ans sous 2,87%, un plus bas depuis début août.

Conséquence de l'aversion au risque, les segments les plus défensifs en Europe se sont distingués vendredi : les secteurs des télécoms (+1,01%), de l'immobilier (+0,23%) et de la santé (+0,75%) ont été recherchés, à l'inverse des banques (-0,93%) ou des ressources de base (-1,03%).

Aux valeurs, Kering a gagné 3,98%, la plus forte hausse du CAC, après son entrée dans la liste de valeurs recommandées "Conviction List" de Goldman Sachs, la banque américaine estimant injustifiée sa décote par rapport à ses grands rivaux.

Longtemps plus forte hausse du Stoxx 600, Iliad (+2,34%), la maison mère de Free, a réduit ses gains en fin de séance, après avoir profité de commentaires d'analystes évoquant l'éventualité d'un retrait de la cote de l'opérateur télécoms dans le cadre de la réorganisation des participations de Xavier Niel, le fondateur et principal actionnaire du groupe.

A la baisse, International Consolidated Airlines Group, la maison mère de British Airways et Iberia, a cédé 1,35% après l'annonce d'une enquête sur un vol présumé de données personnelles d'une partie des clients de la compagnie britannique.

Lanterne rouge du CAC 40, Schneider Electric a perdu 4,92% tandis que Legrand a cédé 1,65% et Rexel 3,4% au lendemain d'une série de perquisitions dans le cadre d'une enquête sur des soupçons d'entente illicite.

Altran (-5,77%) a de nouveau été délaissé après sa publication semestrielle montrant une nette dégradation des flux de trésorerie. Les analystes d'Invest Securities ont abaissé leur recommandation à "vendre" contre "neutre".

Sur le marché pétrolier, les cours du brut sont repartis à la baisse, le baril de WTI retombant vers 67 dollars et celui du Brent vers 76 dollars.

La hausse des stocks de produits raffinés aux Etats-Unis et la faiblesse de la demande d'essence dans le pays cet été, une période qui connaît habituellement des pics de consommation, ont contrebalancé l'annonce d'un net repli des stocks de brut américains.

(Édité par Bertrand Boucey)


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