»
»
»
Consultation

Les forces syriennes ripostent, violents combats dans Damas

Les forces syriennes ripostent, violents combats dans Damas
Crédit photo © Reuters

par Oliver Holmes

BEYROUTH (Reuters) - Les forces du régime syrien tentaient vendredi de reprendre les postes-frontière pris par les rebelles et les combats ont continué de faire rage dans Damas, où les insurgés sont soumis à un d'intenses bombardements.

Au sixième jour de la "bataille de Damas" lancée par l'Armée syrienne libre (ASL), trois personnes au moins sont mortes dans des tirs d'hélicoptères de combat de l'armée qui ont mitraillé le quartier de Saida Zeinab, dans le sud-est de la capitale syrienne.

"Le régime connaît ses dernier jours", a affirmé à Rome Abdelbasset Sida, le responsable du Conseil national syrien (CNS), principal groupe de l'opposition, à Rome.

Les affrontements ont été très violents durant la nuit de jeudi à vendredi dans le quartier de Mezzeh, dans l'ouest de la capitale, où les combattants hostiles à Bachar al Assad ont attaqué plusieurs bâtiments appartenant aux forces de sécurité, a-t-on appris auprès des habitants.

La télévision d'Etat a annoncé de son côté que les forces syriennes avaient libéré "des mercenaires et des terroristes" le quartier de Midane, qui se trouve dans le centre de la capitale.

Des activistes de l'opposition et des sources au sein des rebelles ont confirmé leur retrait, tout en soulignant que ce n'était qu'un mouvement stratégique.

"C'est un repli tactique. Nous sommes toujours à Damas", a déclaré par téléphone Abou Omar, commandant rebelle, ajoutant que les forces de l'armée syrienne avaient ensuite pénétré dans le quartier, appuyées par des blindés, et pris le contrôle de la zone du marché.

Les habitants habitant le centre-ville ont l'impression de vivre dans une ville fantôme: les magasins sont fermés, les routes désertes et les rues quasiment vides.

"D'après certaines informations, les banques seraient à court de liquidités", a indiqué Melissa Fleming, porte-parole du Haut Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés (HCR) à Genève.

Des Damascènes ont constaté que certains postes de contrôle avaient été levés dans la capitale et que la présence policière était moindre devant le ministère de l'Intérieur. Jeudi soir, un autre habitant avait toutefois indiqué que la protection devant le ministère de l'Intérieur était la même qu'à l'accoutumée.

Un témoin présent dans le quartier de Kanaouat a constaté que l'énorme édifice abritant le quartier-général de la police provinciale était abandonné jeudi après avoir été incendié et pillé par les rebelles.

Dans la banlieue de Mouadamiyeh, au sud-ouest de la ville, on pouvait entendre le bruit de bombardements alors que ce secteur abrite la IVe division de l'armée syrienne dirigée par Maher al Assad, le frère cadet de Bachar.

Dans le quartier de Kaboune, la télévision syrienne a montré les cadavres d'une vingtaine de personnes, appartenant à la "la soi-disant armée libre".

BOMBARDEMENT À ABOU KAMAL

Dans le nord-ouest de la Syrie, à la frontière turque, les forces pro-gouvernementales ont attaqué vendredi le poste-frontière de Bab al Haoua occupé par les rebelles depuis la veille.

Dans l'est, les forces pro-Assad ont également bombardé la ville d'Abou Kamal, à côté du principal point de passage avec l'Irak, lui aussi pris par les forces antigouvernementales jeudi soir, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

D'après un photographe de Reuters présent sur place, de l'autre côté de la frontière, l'armée irakienne a fermé le poste-frontière vendredi.

Selon la même source, des civils ont brûlé et pillé le poste frontalier situé du côté syrien.

Selon un fonctionnaire du ministère irakien de l'intérieur, les insurgés contrôleraient toujours le point de passage d'Abou Kamal, à proximité du fleuve Euphrate.

Les autres accès à la frontière irakienne, à côté de Mossoul, semblaient en revanche toujours contrôlés par l'armée syrienne, a indiqué le général de corps d'armée Ahmed al Khafadji.

Jeudi, 310 personnes, dont 98 membres des forces de sécurité, ont péri, selon l'OSDH, ce qui constitue la journée la plus sanglante en Syrie depuis le début du soulèvement, à la mi-mars 2011.

Environ 30.000 réfugiés syriens auraient franchi la frontière libanaise ces 48 dernières heures afin d'échapper aux combats, a rapporté le HCR, qui redoute une augmentation du flot des réfugiés.

Les restrictions imposées par les autorités au travail des journalistes rendent difficile la vérification des informations relayées par l'opposition ou le pouvoir.

Avec Samia Nakhoul et Dominic Evans à Beyrouth, Souleiman al Khalidi à Cilvegozu, en Turquie, Khaled Yacoub Oweis à Amman, Stephanie Nebehay à Genève; Hélène Duvigneau et Benjamin Massot pour le service français, édité par Henri-Pierre André


click here for restriction
©2019 Reuters

Reuters

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Partenaires de Boursier.com