»
»
»
Consultation

Les examens universitaires auront bien lieu, assure le gouvernement

Les examens universitaires auront bien lieu, assure le gouvernement

Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Les examens dans les universités auront lieu en dépit des blocages, a déclaré jeudi Edouard Philippe, qui a dénoncé "une très forte mainmise" de l'extrême gauche sur le mouvement contre la loi "ORE" modifiant l'accès à l'université.

Les cours étaient perturbés dans une dizaine de campus en France où des étudiants grévistes bloquent facultés et amphithéâtres à Montpellier, Toulouse, Grenoble, Nantes, notamment.

"Il y a dans ces blocages d'amphis, parfois de sites universitaires, beaucoup de violences", a déploré le Premier ministre sur France Inter.

"Il y a une très forte mainmise d'une partie étudiante - parfois d'ailleurs pas étudiante - de l'extrême gauche sur le début de ces mouvements avec une forme de violence", a-t-il poursuivi.

A l'université de Grenoble, mardi, une soixantaine de personnes cagoulées ont pénétré à l'intérieur du bâtiment de la présidence pour y tenir une assemblée générale toute la journée.

Des vols de vidéos projecteurs et des dégradations de matériels - graffitis à l'intérieur et extérieur du bâtiment et fractures de portes - ont été constatés, selon la direction qui a porté plainte jeudi pour "vol, dégradation et propos outrageux".

"Je condamne toutes les violences contre les personnes et les biens", a déclaré Edouard Philippe, évoquant à la fois l'intervention manu militari intervenue le 23 mars à Montpellier contre des étudiants grévistes et des "tags" qui, "dans le contexte où nous vivons, ne sont absolument pas neutres".

Ainsi a-t-il cité en exemple la photo d'un slogan tagué sur un mur : "Un bon flic est un flic mort".

Prié de dire si les examens pourraient se dérouler dans de bonnes conditions, le Premier ministre a répondu : "Evidemment".

"Les examens ne sont pas menacés", a souligné sur RTL la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, qui n'a pas exclu toutefois "des aménagements" sur certains sites "lorsque les étudiants ont été empêchés d'aller étudier".

PAS DE NOTE MINIMALE

Il pourrait être décidé, par exemple, que les examens ne portent que sur 4/5e du programme et que le reste soit repris l'année suivante. Des cours pourraient aussi être envoyés aux étudiants par internet.

Frédérique Vidal a rejeté la demande d'assemblées générales d'instaurer le principe d'une note minimum de 10/20 aux examens.

"On ne va pas a l'université pour avoir des notes, on va a l'université pour apprendre des choses", a-t-elle dit.

Le Premier ministre s'est dit "rêveur" quant à la conception que certains étudiants grévistes "ont eux-mêmes de leur travail, de la chance qui leur est donnée d'aller à l'université ".

Pour la Fage, premier syndicat étudiant qui se présente comme non partisan, le mouvement de contestation est loin de s'enraciner. "C'est parfois moins d'une trentaine ou quelques dizaines d'étudiants qui essaient de bloquer pendant un jour un amphi, un grillage...", a déclaré son président, Jimmy Losfeld, sur franceinfo.

Mais "la ministre doit prendre ses responsabilités", a-t-il ajouté.

La vice-présidente de l'Union nationale des étudiants de France (UNEF), classée à gauche, Pauline Raufast, a dit sur franceinfo constater à l'inverse un tournant dans la mobilisation avec des blocages s'inscrivant davantage dans la durée.

"L'UNEF ne tient rien. Il y a une tentative d'instrumentalisation de la part de La France insoumise", estime un député de la majorité.

"Un blocage, ce n'est pas anodin, mais aujourd'hui il n'y a pas une montée de la colère des étudiants, plutôt un changement de stratégie de ceux qui s'opposent à la réforme, qui sont peu nombreux", ajoute-t-il.

La loi dite ORE ("d'orientation et de réussite des étudiants"), qui permet à chaque université de fixer des pré-requis pour choisir les étudiants, a été définitivement adoptée par le Parlement le 15 février.

Cette réforme doit permettre selon l'exécutif de tourner la page du tirage au sort et de lutter contre l'échec en licence. Ses détracteurs dénoncent une sélection déguisée.

(Caroline Pailliez avec Elizabeth Pineau, édité par Sophie Louet)


click here for restriction
©2018 Reuters

Reuters

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Partenaires de Boursier.com