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Les Européens reprennent leur Meccano institutionnel

Les Européens reprennent leur Meccano institutionnel
Crédit photo © Reuters

par Belén Carreño et Richard Lough

BRUXELLES (Reuters) - Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne se réunissent ce dimanche à Bruxelles en conseil extraordinaire pour tenter de s'accorder sur les nominations aux plus hauts postes européens après un premier échec il y a une dizaine de jours.

Les Vingt-Huit doivent s'accorder sur les noms des prochains présidents de la Commission européenne, du Conseil et de la Banque centrale européenne et du Haut représentant pour les affaires étrangères. La présidence du nouveau Parlement européen, dont la séance inaugurale est programmée mardi, est également en jeu.

D'après le quotidien allemand Die Welt, ils se sont mis d'accord pour que l'Allemand Manfred Weber, chef de file du bloc conservateur au Parlement européen, ne soit pas le prochain président de la Commission, poste considéré comme le plus important dans l'architecture des institutions communautaires.

La chancelière allemande Angela Merkel, qui soutenait la candidature de son compatriote, l'a accepté lors de discussions en marge du sommet du G20 qui s'est tenu à Osaka, au Japon, précisait vendredi soir le journal allemand.

Le président français Emmanuel Macron s'opposait au choix de Weber, jugeant que l'eurodéputé membre de la CDU de Merkel manquait d'expérience à un poste à haute responsabilité aussi exposé que celui de la Commission.

D'après deux diplomates, le socialiste néerlandais Frans Timmermans, un des vice-présidents de la Commission sortante dont Paris et Madrid soutiennent la candidature, serait désormais le mieux placé pour succéder à Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission.

Weber serait, dans le cadre de ce compromis qui semble émerger, reclassé à la présidence du Parlement européen.

Cette double solution - Timmermans à la Commission et Weber au Parlement européen - aurait l'avantage de satisfaire Angela Merkel, qui milite pour que les "Spitzenkandidaten", les chefs de file des principaux blocs politiques lors des élections européennes du mois dernier, occupent des fonctions importantes (Weber était le chef de file des conservateurs européens, Timmermans celui des socialistes européens).

"Ces deux Spitzenkandidaten font partie de la solution, c'est très important", a dit la chancelière allemande à l'issue du G20 d'Osaka. "En l'état actuel des choses, cela ne débouchera pas sur un conflit institutionnel", a-t-elle pronostiqué.

PARITÉ ?

La promotion de Timmermans pourrait cependant être difficile à accepter pour certains dirigeants d'Europe de l'Est, à commencer par la Hongrie et la Pologne qui lui reprochent son rôle dans l'ouverture de procédures européennes visant le respect de l'Etat de droit par leurs gouvernements respectifs.

Pour ce qui est de la BCE, le Français François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, pourrait succéder à Mario Draghi, dit un diplomate européen. La candidature du Finlandais Erkki Liikanen est également dans la balance.

"Ce que nous cherchons, c'est une équipe qui ait la légitimité, l'énergie, la compétence et le soutien du Conseil et du Parlement européens", a déclaré cette semaine Amélie de Montchalin, secrétaire d'Etat française aux Affaires européennes, devant l'Association de la presse anglo-américaine à Paris.

"Mais si nous entrons dans ce débat avec nos drapeaux nationaux, dans une concurrence des nationalités, nous perdrons l'esprit européen", a-t-elle ajouté.

Elément supplémentaire de complication, les Européens aimeraient aussi parvenir à une forme de parité hommes-femmes. Plusieurs noms reviennent à commencer par ceux de la Danoise Margrethe Vestager, chargée de la concurrence dans la Commission sortante, de la Bulgare Kristalina Georgieva, actuelle directrice générale de la Banque mondiale et ex-commissaire européenne, et de la ministre espagnole de l'Economie, Nadia Calvino.

Les dirigeants espèrent que le dîner de travail programmé à partir de 18h00 à Bruxelles (16h00 GMT) leur permettra de débloquer la situation. Si nécessaire, ils ont cependant bloqué un petit-déjeuner lundi matin.

(avec Joseph Nasr à Berlin et Jean-Baptiste Vey à Paris; Henri-Pierre André pour le service français)


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