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Les Etats-Unis invitent l'Iran à ne plus s'ingérer en Irak

Les Etats-Unis invitent l'Iran à ne plus s'ingérer en Irak
Crédit photo © Reuters

par Ross Colvin

BAGDAD (Reuters) - Les Etats-Unis ont invité l'Iran lundi à ne plus soutenir les milices en Irak, sujet unique de ces premières discussions officielles de haut niveau entre ces deux pays depuis la rupture de leurs relations diplomatiques en 1980.

L'ambassadeur des Etats-Unis en Irak, Ryan Crocker, a jugé positives les discussions avec son homologue iranien Hassan Kazemi-Qomi. Aucune date n'a cependant été fixée pour une nouvelle rencontre.

"Les pourparlers se sont déroulés de manière positive. Reste à voir les Iraniens agir sur le terrain", a-t-il dit aux journalistes.

La délégation iranienne n'a formulé aucun commentaire après cette réunion, exclusivement consacrée à la situation irakienne.

"J'ai exposé aux Iraniens un certain nombre de nos motifs directs et précis de préoccupation au sujet de leur attitude en Irak, de leur soutien aux milices qui combattent aussi bien les forces de sécurité irakiennes que les forces de la coalition", a poursuivi Crocker.

"Le fait (est) que beaucoup d'explosifs et de munitions utilisés par ces groupes proviennent d'Iran (...) De telles activités (...) doivent cesser et (...) nous attendons des résultats", a-t-il ajouté.

Selon le diplomate américain, la délégation iranienne n'a pas réagi directement à ces reproches et s'est contentée d'affirmer son soutien au gouvernement irakien du Premier ministre Nouri al Maliki.

Les Etats-Unis accusent depuis longtemps l'Iran d'alimenter les violences en Irak par son soutien aux milices chiites. L'armée américaine a ainsi exposé ce qu'elle présente comme des roquettes, des obus de mortier et des bombes de conception iranienne et saisis en Irak.

POIGNÉE DE MAINS

Téhéran dément ces accusations et invite plutôt les Etats-Unis à retirer leurs troupes d'Irak, en jugeant que leur présence nourrit le cycle de violences entre la majorité chiite et la minorité sunnite, autrefois au pouvoir sous Saddam Hussein.

Avant le début de cette rencontre dans la "zone verte" de Bagdad, secteur fortifié abritant les principales institutions irakiennes et représentations diplomatiques étrangères, Maliki a prévenu que son pays ne servirait pas de base de lancement d'une offensive militaire contre l'un de ses voisins. Ces propos constituaient apparemment une allusion aux craintes iraniennes d'une attaque des Etats-Unis, qui sont intervenus en Irak en mars 2003 pour chasser Saddam Hussein du pouvoir.

Crocker et Kazemi-Qomi se sont rencontrés dans les bureaux du Premier ministre. Ils ont échangé une poignée de mains avant de s'asseoir l'un en face de l'autre autour de la même table.

Si des responsables de niveau intermédiaire des deux pays se sont parfois rencontrés par le passé, cette rencontre marque toutefois une rupture avec la volonté américaine d'isolement de l'Iran.

Les Etats-Unis ont rompu leurs relations diplomatiques avec l'Iran en 1980 en pleine crise des otages de l'ambassade américaine à Téhéran.

Les deux pays sont en outre engagés dans un autre bras de fer autour du programme nucléaire iranien, que Washington soupçonne de dissimuler un volet militaire. Téhéran dément.

Ce dossier n'a pas été abordé lundi à Bagdad.

Signe de la tension permanente entre les Etats-Unis et l'Iran, la marine américaine est engagée dans des manoeuvres militaires dans les eaux du Golfe tandis que Téhéran a annoncé samedi le démantèlement sur son territoire d'un réseau d'espions américains et occidentaux.


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