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Les deux Corées commencent à démonter leurs haut-parleurs

Les deux Corées commencent à démonter leurs haut-parleurs

Crédit photo © Reuters

par Joori Roh

SEOUL (Reuters) - La Corée du Nord et la Corée du Sud ont commencé mardi à démonter les haut-parleurs qui diffusent de la propagande à la frontière entre les deux pays dans le cadre des mesures promises lors du sommet de vendredi dernier entre leurs dirigeants.

L'activité constatée à plusieurs endroits le long de la frontière indique que les Nord-Coréens sont en train de descendre leurs haut-parleurs, a déclaré un responsable du ministère sud-coréen de la Défense. La Corée du Sud a commencé à faire de même à 14 heures, a-t-il précisé.

Pendant des décennies, avec seulement quelques interruptions, les deux camps ont diffusé de la propagande en continu pour tenter de gagner la guerre psychologique.

Le Sud enregistrait un mélange de nouvelles, de chansons pop coréennes et de critiques du régime dynastique de Pyongyang, tandis que le Nord fustigeait le gouvernement capitaliste du Sud et faisait l'éloge de son propre système socialiste.

En signe de bonne volonté, le Sud avait arrêté sa propagande avant le sommet et le Nord lui avait emboîté le pas.

Autre petit signe d'une volonté de détente, la Corée du Nord a fait savoir qu'elle avancerait ses horloges d'une demi-heure pour s'aligner sur le fuseau horaire de son voisin du sud à partir du 8 mai.

Les deux pays séparés après la guerre de Corée (1950-1953) attendent désormais que soit fixée la date et le lieu du sommet qui doit se tenir entre le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un et le président américain Donald Trump dans l'objectif de dénucléariser la Corée du Nord et donc la péninsule coréenne.

Le président Moon Jae-in a demandé aux Nations unies, lors d'une conversation mardi avec leur secrétaire général Antonio Guterres, d'aider la Corée du Sud à vérifier que le site d'essais nucléaires de Punggye-ri sera bien fermé comme l'a promis la Corée du Nord, annonce un communiqué de la présidence à Séoul.

Cette demande nécessite l'approbation du Conseil de sécurité de l'Onu, a répondu Guterres, toujours selon la Maison bleue. Il a toutefois annoncé la nomination d'un responsable de l'Onu chargé du contrôle des armes pour coopérer avec la Corée du Sud.

INUTILISABLE

Quelques jours avant le sommet intercoréen de vendredi dernier, la Corée du Nord a surpris tout le monde en annonçant qu'elle démantèlerait le site d'essais pour montrer qu'elle allait bien cesser ses essais nucléaires et de missiles.

Le site de Punggye-ri, où la Corée du Nord a mené ses six essais nucléaires, consiste en un système de tunnels creusés sous le Mantapsan, une montagne du nord-est du pays. Selon certains experts, l'explosion la plus récente menée en septembre dernier - et de loin la plus importante - a rendu tout le site inutilisable. Mais Kim Jong-un a affirmé qu'il y avait deux autres tunnels plus grands qui restaient "en très bon état".

Donald Trump a déclaré samedi soir à son homologue sud-coréen lors d'un entretien téléphonique qu'il était satisfait d'avoir vu les dirigeants des deux Corées réaffirmer l'objectif d'une dénucléarisation complète lors de leur sommet.

Le nouveau chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a précisé dimanche que tout accord avec les Etats-Unis exigerait que la Corée du Nord prenne des mesures "irréversibles" pour mettre un terme à son programme d'armement nucléaire.

Selon Donald Trump, sa rencontre historique avec Kim Jong-un pourrait avoir lieu dans trois ou quatre semaines. Il a ensuite tweeté lundi qu'une rencontre à la Maison de la paix dans la zone démilitarisée entre les deux pays, à l'endroit où Moon Jae-in a rencontré Kim Jong-un vendredi dernier, serait un excellent endroit.

"Il y a quelque chose que j'aime là-dedans, parce que vous êtes là; vous y êtes, vraiment. Là où, si les choses marchent, il y aura une grande fête, pas dans un pays tiers", a fait valoir Donald Trump par la suite devant les journalistes à la Maison blanche.

Mais un haut responsable américain a déclaré que Singapour figurait toujours en haut de la liste des sites potentiels.

Le Premier ministre de Singapour, Lee Hsien Loong, a déclaré samedi que Singapour n'avait reçu aucune demande d'accueil de la réunion de Kim-Trump.

La présidence sud-coréenne a semblé approuver la perspective d'accueillir la réunion à Panmunjom, le village frontalier où se trouve la Maison de la paix.

"Panmunjom est tout à fait significatif en tant que lieu pour aplanir les divisions et établir une nouvelle étape pour la paix", a déclaré un haut responsable de la Maison bleue aux journalistes, ayant requis l'anonymat. "Panmunjom ne serait-il pas l'endroit le plus symbolique?"

(Avec Hyonhee Shin, Ju-min Park et Malcolm Foster; Danielle Rouquié pour le service français)


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