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Les députés votent l'allongement de la rétention des étrangers

Les députés votent l'allongement de la rétention des étrangers

Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Les députés français ont adopté samedi le doublement de la durée maximale de rétention administrative pour les étrangers, une mesure incluse dans le projet de loi asile et immigration qui suscite des réserves au sein même de la majorité.

Sur les 86 membres de La République en marche (LaRem) qui ont pris part au scrutin, neuf ont voté contre l'article 16 - l'un des plus controversés du texte - allongeant la durée maximale de 45 à 90 jours et cinq autres se sont abstenus.

Un groupe de parlementaires de la majorité, pour certains venus du Parti socialiste (PS), n'hésite pas à exprimer ses réticences devant le projet défendu par le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, ce qui leur a valu un rappel à l'ordre de président de leur groupe, Richard Ferrand.

Se pose désormais la question du sort qui sera réservé aux réfractaires en cas de vote contre l'ensemble du texte, une fois achevé l'examen de la quarantaine d'articles.

Publiquement, Richard Ferrand n'a proféré aucune menace d'exclusion contre ces frondeurs en puissance mais, a-t-il dit jeudi sur CNEWS, "dans ce quinquennat, on fait ce qu'on dit".

"L'abstention peut se comprendre sur un sujet sensible comme celui-ci", a déclaré samedi le porte-parole du groupe, Gilles Le Gendre, interrogé par BFM TV. "Quant au vote contre, le président Richard Ferrand (...) a été extrêmement clair, c'est quelque chose d'assez grave."

Tous groupes confondus, 77 députés ont approuvé l'article 16, 31 ont voté contre, en particulier à gauche, et 46 autres se sont abstenus - parmi eux, la plupart des Républicains (LR) présents dans l'hémicycle.

En plus des dissensions dans leurs rangs, les dirigeants de la majorité sont confrontés aux récriminations de l'opposition qui, d'une même voix, critique la tenue des débats.

VOTE "EN CATIMINI"

Les discussions devaient en théorie s'achever vendredi, avant un vote solennel puis le début des vacances parlementaires, mais les retards pris tout au long de la semaine ont conduit la présidence à allonger le calendrier initial.

"Nous avons encore au moins une grosse journée de débats", a fait savoir Gilles Le Gendre samedi.

Dans la journée, les groupes LR, La France insoumise (LFI), Udi, Agir et Indépendants (centre), Nouvelle Gauche (socialistes) et Gauche démocrate et républicaine (essentiellement communistes) ont pris la parole à tour de rôle pour critiquer la tournure des événements.

Chef de file de LFI, Jean-Luc Mélenchon a évalué samedi après-midi à 44 heures la durée des discussions restantes pour aller au bout du texte.

"Il n'y a aucune possibilité que le débat s'achève dans les délais prévus. Que compte faire la présidence à ce sujet ?", a-t-il demandé lors de la séance.

"On peut tous dresser objectivement le constat qu'il est désormais impossible de poursuivre ce débat dans des conditions d'examen serein sur un texte aussi important dans le temps qui a été imparti", lui a fait écho Eric Ciotti au nom de LR.

Le socialiste Luc Carvounas avait précédemment qualifié l'organisation des débats de "grand n'importe quoi".

Plusieurs députés, comme Eric Ciotti et Danièle Obono (LFI), se sont également insurgés contre la perspective d'un vote final "en catimini", tard le soir ou au petit matin, devant une poignée de parlementaires prêts à partir en vacances.

Plus d'un millier d'amendements ont été déposés sur ce texte, qui vaut à l'exécutif des accusations de laxisme venant de la droite et des reproches inverses formulés par la gauche.

(Simon Carraud, édité par Eric Faye)


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