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Les députés verts de LaRem entre doutes et espoirs

Les députés verts de LaRem entre doutes et espoirs
Crédit photo © Reuters

par Simon Carraud

PARIS (Reuters) - Partagés sur le diagnostic et sur la tactique à adopter, les députés de la majorité à la sensibilité verte attendent d'être rassérénés après la démission de Nicolas Hulot et son remplacement par François de Rugy, un écologiste plus rompu aux codes de la vie politique.

"Je commence à douter", témoigne Matthieu Orphelin, proche de Nicolas Hulot, joint par Reuters.

"J'ai besoin d'être rassuré sur le fait qu'effectivement on va faire plus et mieux. Je suis prêt à y croire", ajoute le député du Maine-et-Loire, élu en juin 2017 sous les couleurs de La République en Marche (LaRem).

En claquant la porte du ministère de la Transition écologique, le 28 août, Nicolas Hulot a fait l'aveu de son impuissance à convertir l'exécutif à ses vues.

Il a laissé la place à François de Rugy, ancien dirigeant des Verts et d'Europe Ecologie-Les Verts rallié à Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle, qui occupait jusque-là la présidence de l'Assemblée nationale.

C'est donc un homme politique de carrière qui a succédé à un ex-animateur de télévision devenu militant médiatique, sans expérience préalable du jeu institutionnel.

"Il manquait peut-être à Nicolas Hulot cette fibre plus politique pour réussir à porter ses sujets", selon Sandrine Le Feur, députée LaRem du Finistère.

"François de Rugy, au contraire, est député depuis longtemps maintenant (2007-NDLR) et sait comment ça fonctionne", juge-t-elle. "Il aura plus de facilité de ce point de vue-là à porter les sujets s'il s'engage à la hauteur de Nicolas Hulot."

"RAPPORT DE FORCES"

Pour Bérangère Abba, "d'un naturel optimiste", la nomination de cet écologiste "sensible à ces questions" et doté d'un "tempérament pragmatique" est une bonne nouvelle.

Plusieurs dossiers permettront très vite à ces élus de se faire une idée de l'ambition du gouvernement en matière d'écologie : le plan vélo, qui doit être présenté "dans les prochains jours" selon le ministère des Transports, la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), attendue à la fin octobre, et le budget 2019.

Pour donner plus de poids aux revendications des écologistes, il est indispensable aux yeux de l'ancien élu Europe Ecologie-Les Verts François-Michel Lambert, passé en 2017 sous le pavillon LaRem, de constituer un groupe parlementaire distinct ou au moins un "pôle" au sein du groupe majoritaire.

"Je suis content que François de Rugy ait été nommé mais je reste convaincu que la politique est un rapport de forces et que, comme Nicolas Hulot, il ne peut pas être l'homme du miracle", justifie l'ancien élu EELV.

Le nouveau ministre est probablement mieux armé pour remporter des arbitrages mais "mais ça ne sera pas suffisant".

François-Michel Lambert plaide depuis longtemps pour la formation d'un groupe mais il n'a encore jamais réussi à rallier le nombre de députés requis - 15 -, signe des divergences tactiques parmi les élus LaRem de même sensibilité.

"Qui serait à la hauteur tout seul ? Où sont mes troupes ? Qui ai-je derrière moi ?", avait déploré Nicolas Hulot le 28 août en annonçant sa démission surprise, sur France Inter.

(Edité par Sophie Louet)


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