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Les craintes liées au coronavirus alimentent l'aversion au risque

Les craintes liées au coronavirus alimentent l'aversion au risque
Crédit photo © Reuters

par Laetitia Volga

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes ont fini en baisse jeudi, l'augmentation des nouveaux cas de coronavirus dans certains États américains et en Chine faisant craindre un redressement économique moins rapide qu'espéré.

À Paris, le CAC 40 a cédé 0,75% à 4.958,75 points. Le Footsie britannique a perdu 0,47% et le Dax allemand a abandonné 0,81%.

L'indice EuroStoxx 50 a fini en baisse de 0,53%, le FTSEurofirst 300 a reculé de 0,77% et le Stoxx 600 de 0,71%.

A l'heure de la clôture des Bourses en Europe, les trois indices phares de Wall Street évoluaient en léger repli.

Les marchés mondiaux restent préoccupés par la propagation du coronavirus dans plusieurs Etats américains dont ceux très peuplés de Californie et du Texas, et dans la capitale chinoise, une résurgence qui menace de contrarier la reprise économique mondiale.

Les déclarations de Donald Trump écartant tout nouveau confinement ou celles d'un responsable chinois sur la maîtrise de la récente vague d'infections à Pékin n'ont pas durablement rassuré.

"Si les marchés boursiers ont actuellement une vulnérabilité majeure, c'est la tant redoutée deuxième vague, qui menace de 'fermer' à nouveau les économies. C'est bien beau que les banques centrales inondent le système de liquidités mais si l'économie mondiale s'arrête à nouveau, les investisseurs deviendront très nerveux", a commenté Craig Erlam, analyste senior chez Oanda.

LES INDICATEURS DU JOUR

L'annonce d'une baisse moins forte que prévu des inscriptions hebdomadaires au chômage aux Etats-Unis a conforté le scénario d'une reprise de l'économie lente et difficile malgré le rebond de l'indice d'activité de la région de Philadelphie en zone de croissance.

VALEURS

Parmi les plus fortes baisses sectorielles on retrouve les compartiments les plus exposés aux risques d'une reprise moins soutenue qu'anticipé: l'indice Stoxx des matières premières (-1,88%) ou celui de l'industrie (-0,38%).

A Paris, les replis les plus marqués du CAC 40 ont été pour ArcelorMittal, qui a cédé 5,75%, et Unibail-Rodamco-Westfield (-3,28%).

Wirecard, le groupe allemand de services financiers, a dévissé de 61,82% après avoir de nouveau repoussé la publication de ses résultats annuels 2019, arguant que le cabinet d'audit EY (Ernst & Young) avait besoin de plus de temps pour lever les doutes qui pèsent sur ses comptes.

CHANGES

L'aversion pour le risque favorise l'attrait des investisseurs pour les valeurs refuges comme le dollar, le yen ou le franc suisse.

La livre sterling perd près de 1% face au dollar après la décision de la Banque d'Angleterre (BoE) d'augmenter le montant de son programme d'achats de titres sur les marchés à 745 milliards de livres sterling (830 milliards d'euros), soit 100 milliards de plus qu'auparavant, face à la crise du coronavirus.

"Le montant est un peu inférieure à ce que certains d'entre nous avaient anticipé et est en fait le strict minimum pour satisfaire le marché. La BoE aurait pu être un peu plus courageuse et élargir davantage l'enveloppe", a déclaré Neil Wilson chez Markets.com.

La couronne norvégienne a touché un pic d'une semaine contre le dollar et l'euro, la banque centrale de Norvège ayant annoncé une amélioration plus nette qu'attendue des perspectives économiques du pays ces dernières semaines, ce qui pourrait l'amener à relever son taux directeur plus tôt que prévu.

TAUX

Sur le marché obligataire, les rendements des emprunts d'Etat de référence en zone euro ont fini en baisse avec le repli des investisseurs sur les actifs refuges. L'OAT à dix ans a ainsi fini à un plus bas en clôture de trois semaines.

Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans recule sous 0,7% pour le première fois de la semaine.

PÉTROLE

Les cours du brut sont en hausse alors que se tenait une réunion des ministres de l'Opep+ pour faire le point sur la réduction de l'offre mondiale et les intentions de pays producteurs sur le respect de leurs quotas de production.

Le Brent gagne 1,79% à 41,4 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) prend 1,95% à 38,7 dollars.

(Avec Kate Duguid, édité par)


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