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Les armées équipées d'un nouvel hélicoptère, le Guépard, dès 2026

Les armées équipées d'un nouvel hélicoptère, le Guépard, dès 2026
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Les premiers hélicoptères interarmées légers (HIL), attendus de longue date par les armées françaises pour remplacer des flottilles vieillissantes et inadaptées aux opérations extérieures, seront livrés en 2026 avec deux ans d'avance sur le calendrier initial, a annoncé lundi Florence Parly.

La maquette grandeur nature du "Guépard" a été dévoilée à l'occasion d'une visite de la ministre des Armées sur le site d'Airbus Helicopters à Marignane (Bouches-du-Rhône).

Annoncé en mars 2017 par Jean-Yves Le Drian, le programme HIL, qui remplacera les Gazelle de l'armée de terre, les Fennec de l'armée de l'air et les Dauphin, Panther et Alouette III de la marine, figure dans la loi de programmation militaire 2019-2025 avec un objectif de livraison des premiers exemplaires en 2028 pour une cible totale à terme de 169 appareils.

Le lancement anticipé du programme HIL en 2021 - au lieu de 2022 - pour de premières livraisons en 2026 était attendu par le PDG d'Airbus Helicopters, Bruno Even, qui entend positionner la version militaire du H160 sur le marché export "avec la force de la référence 'armée française'".

"L'intérêt pour Airbus Helicopters, c'est qu'il y a un marché qu'on évalue à 400 machines entre 2025 et 2030. Et donc plus tôt ils ont une référence 'armée française', plus ils sont susceptibles de vendre", souligne-t-on dans l'entourage de la ministre des Armées à l'approche du 53e Salon du Bourget.

"Mais la première motivation, elle est opérationnelle", ajoute-t-on.

"Choisir de recevoir plus tôt des matériels neufs avec des capacités opérationnelles renforcées et accélérées, c'est pouvoir retirer nos vieilles flottes du service avant que leur entretien ne mène à des coûts démesurés ou que des problèmes de sécurité apparaissent", a expliqué Florence Parly.

"PENDANT PLUS DE 40 ANS"

Plus rapide, furtif et moins cher à entretenir, le "Guépard" se veut polyvalent : "infiltration de commandos, lutte antinavire, interception aérienne, appui feu, (...) il pourra servir nos forces pendant plus de 40 ans", selon la ministre.

Airbus Helicopters travaille depuis 2010 à la militarisation du H160 civil (qui sera certifié d'ici la fin 2019), un biturbine de six tonnes capable de voler à près de 150 noeuds (environ 280 km/h). Dotée du nouveau moteur Arrano de Safran, de l'avionique ICDS de Thales et d'une autoprotection renforcée, sa version militaire H160M pourra transporter deux pilotes et cinq combattants.

"Le programme pourra bénéficier d'innovations développées initialement pour la version civile, comme la documentation 3D ou la maintenance simplifiée", a précisé la ministre.

S'agissant du financement, la loi de programmation militaire ne sera pas modifiée.

"Le fait de décaler de deux ans le programme génère chez Airbus un appel de liquidités d'à peu près 150 millions sur la LMP", explique-t-on au cabinet de Florence Parly.

Dix pour cent de cette somme seront autofinancés par Airbus. "Le reste de la somme, ce sera du pré-financement, une sorte de prêt que l'Etat contracte auprès de l'industriel, avec des intérêts de six à sept millions d'euros", précise-t-on. "Les hélicoptères seront payés sur la LPM suivante."

"C'est tout à fait représentatif de ce qu'on veut instaurer comme relation entre l'Etat et l'industrie", dit-on.

Au ministère, on fait valoir en outre que cette modification de calendrier permettra à l'Etat d'économiser une centaine de millions d'euros en coût de maintien en condition opérationnelle.

Le programme HIL représente quelque 2.000 emplois sur le site de Marignane.

(Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)


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