Les agriculteurs zimbabwéens espèrent profiter du boom du cannabis thérapeutique

Les agriculteurs zimbabwéens espèrent profiter du boom du cannabis thérapeutique

par Nelson Banya

HARARE, 11 mai (Reuters) - Les agriculteurs zimbabwéens comptent sur le boom du cannabis thérapeutique pour relancer l'économie locale après plusieurs décennies de crise, bien qu'ils restent confrontés à une série d'obstacles réglementaires et à des coûts de production élevés.

Ce pays d'Afrique australe, en quête de nouvelles sources de revenus en dollars, est devenu l'un des premiers sur le continent à légaliser la production de cannabis à usage médical, en 2018. Il a délivré depuis 57 licences.

L'industrie mondiale du cannabis pourrait représenter 272 milliards de dollars d'ici 2028, selon les analystes de Barclays. Le ministre zimbabwéen des Finances, Mthuli Ncube, a déclaré que son pays entendait s'attribuer une part du gâteau, estimée à un milliard environ, soit plus que ce que lui rapporte actuellement le tabac, sa principale source de revenus à l'exportation en matière agricole.

Les autorités zimbabwéennes sont conscientes de la nécessité de réduire la dépendance du pays vis-à-vis du tabac, dont les effets nocifs sur la santé sont reconnus. Le cannabis est considéré comme une alternative moins nocive aux cigarettes et son cannabidiol (CBD) est largement perçu comme un remède naturel.

Mais des défis subsistent, notamment le coût énorme de l'installation dans un contexte de réglementation stricte, comme l'obligation d'utiliser une serre pour répondre aux critères de "culture biologique" du cannabis, nécessaire pour pouvoir le commercialiser pour une usage médical.

Selon Munyaradzi Nyanungo, cultivateur, le coût de production d'un seul hectare de cannabis s'élève à 2,5 millions de dollars. Lui et d'autres producteurs font ainsi pression sur le gouvernement pour assouplir les règles et réduire les coûts.

Munyaradzi Nyanungo s'attend à réaliser un bénéfice de 2,5 millions de dollars dès la première récolte en août, soit nettement plus que ce qu'il a gagné avec ses autres cultures et son bétail. (Reportage Nelson Banya, version française Augustin Turpin, édité par Jean-Michel Bélot)

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