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Les actions rattrapées par les risques épidémiques et économiques

Les actions rattrapées par les risques épidémiques et économiques
Crédit photo © Reuters

par Marc Angrand

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes ont fini dans le rouge mercredi, plombées par de mauvaises nouvelles sur le front de la pandémie de coronavirus, le retour dans l'actualité des tensions commerciales entre les Etats-Unis et l'Europe et les nouvelles prévisions économiques sombres du Fonds monétaire international, autant de menaces pour le scénario de reprise rapide qui a soutenu les marchés ces dernières semaines.

A Paris, le CAC 40 a perdu 2,92% (146,32 points), sa plus forte baisse en pourcentage sur une séance depuis le 11 juin, pour revenir en clôture à 4.871,36 points.

A Londres, le FTSE 100 a cédé 2,94% et à Francfort, le Dax a reculé de 3,43%. L'indice EuroStoxx 50 a abandonné 3,11%, le FTSEurofirst 300 2,69% et le Stoxx 600 2,78%.

Au moment de la clôture en Europe, Wall Street s'enfonçait elle aussi en territoire négatif, le Dow Jones perdant 2,8%, le Standard & Poor's 500 2,69 et le Nasdaq Composite 2,1%.

Ce recul généralisé s'accompagne d'un rebond de la volatilité, à 36,9 (+5,53 points) pour le VIX américain.

La baisse a débuté dès l'ouverture des marchés européens après l'annonce d'un nombre record de cas d'infection par le coronavirus dans plusieurs Etats américains, dont l'Arizona, la Californie, le Mississippi et le Nevada, et les propos d'Anthony Fauci, chargé par la Maison blanche de coordonner la lutte contre le COVID-19, soulignant la gravité de la situation.

A ce facteur toujours ultra-sensible pour les investisseurs, qui craignent un retour des mesures de confinement à grande échelle, s'est ajoutée la crainte d'un nouvel épisode de tension commerciale entre les Etats-Unis et les principaux pays européens, puisque Washington pourrait allonger sa liste de produits importés d'Europe soumis à des droits de douane.

Quant au FMI, il a de nouveau abaissé ses prévisions économiques et table désormais sur une contraction de 4,9% de l'économie mondiale cette année.

"Les prévisions du FMI, conjuguées à la remontée des infections au COVID-19 en Chine, en Allemagne et aux Etats-Unis, donnent l'impression que le rebond rapide et facile de l'activité économique qui a soutenu la forte hausse des actions ces derniers temps est de plus en plus sujet à caution", commente Rupert Thompson, directeur des investissements de Kingswood.

VALEURS

En Europe, la baisse n'a épargné aucun secteur et les replis les plus marqués ont affecté plusieurs des secteurs qui avaient le plus profité de la hausse du début de semaine: l'indice Stoxx européen de l'automobile a perdu 4,74%, celui du transport et du tourisme 4,7%, celui du pétrole et du gaz 3,71%.

A Paris, toutes les valeurs du CAC 40 ont fini dans le rouge, les plus fortes baisses étant pour ArcelorMittal (-6,87%), Renault (-5,66%) et Unibail-Rodamco-Westfield (-5,87%).

A Francfort, le rebond amorcé mardi par Wirecard a tourné court et le titre du spécialiste des paiements au coeur d'un retentissant scandale comptable a rechuté de 28,3%.

A la hausse, AMS a pris 5,97% grâce au relèvement de la recommandation de JPMorgan, qui juge que le pire est passé pour le spécialiste autrichien des semi-conducteurs.

LES INDICATEURS DU JOUR

En Allemagne, l'indice Ifo du climat des affaires est remonté à 86,2 en juin contre 79,7 (chiffre révisé) en mai, sa plus forte hausse d'un mois sur l'autre depuis la réunification de l'Allemagne en 1990. Le consensus Reuters le donnait à 85,0.

En France, l'indice Insee du climat des affaires enregistre lui aussi une hausse mensuelle sans précédent qui le porte à 78 contre 60 en mai.

CHANGES

Le dollar profite du regain d'aversion au risque lié à la pandémie et aux tensions commerciales: l'indice qui mesure son évolution face à un panier de devises de référence prend 0,46% et l'euro revient sous 1,1270 dollar (-0,35%).

TAUX

La baisse des actions favorise un mouvement de repli sur les actifs jugés les plus sûr, à commencer par les emprunts d'Etat, dont les rendements reculent: celui du Bund allemand à dix ans a cédé trois points de base à -0,434% et son équivalent américain est en baisse de plus de deux points à 0,684%.

PÉTROLE

Orienté à la baisse depuis le début de journée, le marché pétrolier a creusé ses pertes après l'annonce par l'Energy Information Administration (EIA) américaine d'une augmentation supérieure aux attentes des stocks de brut aux Etats-Unis, qui inscrivent ainsi un nouveau record, à 540,7 millions de barils.

Le Brent chute de 6,01% à 40,07 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) de 6,34% à 37,81 dollars.

(Marc Angrand, édité par Jean-Michel Bélot)


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