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Les actions hésitent, résultats et indicateurs dictent le tempo

Les actions hésitent, résultats et indicateurs dictent le tempo

Crédit photo © Reuters

par Patrick Vignal

PARIS (Reuters) - Les principales Bourses européennes se cherchent une tendance mardi en début de séance, les investisseurs épluchant une série de résultats sur fond de signes confirmant un ralentissement de l'activité économique dans la zone euro.

À Paris, l'indice CAC 40 gagne 0,07% à 5.544,46 points vers 08h05 GMT. À Francfort, le Dax cède 0,21% et à Londres, le FTSE est quasiment inchangé (+0,05%).

L'indice EuroStoxx 50 de la zone euro, le FTSEurofirst 300 et le Stoxx 600 sont tous trois pratiquement à l'équilibre.Les publications des entreprises animent la cote avec notamment un plongeon de 15,8% pour Iliad, qui chute à un creux de cinq ans après avoir dévoilé une refonte de son équipe de direction et de sa stratégie commerciale à la suite d'un premier trimestre 2018 inférieur aux attentes marqué par une contraction de ses revenus dans le fixe, sa vache à lait.

Dans le sillage d'Iliad, Orange perd 2,37%, la plus forte baisse du CAC 40, et l'indice Stoxx des télécoms recule de 1,39%, la plus forte baisse sectorielle en Europe.

Toujours à Paris, Crédit Agricole avance de 1,42% après avoir d'abord ouvert en baisse après l'annonce de résultats inférieurs aux attentes au premier trimestre, pénalisés par la banque de détail et les activités de marché à l'instar des autres banques françaises. Les analystes de RBC notent toutefois un début d'amélioration dans la banque d'investissement et un meilleur contrôle des coûts.

Ailleurs en Europe et dans le même secteur, l'allemande Commerzbank et l'autrichienne Raiffeisen prennent respectivement 3,62% et 6,08% après des publications bien accueillies, aidant le compartiment des banques à prendre 0,35%.

A la hausse également, Worldline, filiale d'Atos, grimpe de 5,21% après avoir annoncé mardi un accord pour acquérir la société suisse de services de paiement Six Payment Services dans le cadre d'une transaction majoritairement financée en actions qui verra Six entrer au capital de Worldline. L'opération, nouvelle illustration du mouvement de consolidation à l'oeuvre dans l'industrie européenne du paiement, valorise Six Payment Services à 2,3 milliards d'euros.

LA CROISSANCE RALENTIT EN ALLEMAGNE

Du côté des indicateurs économiques, la toute première estimation du produit intérieur brut (PIB) de l'Allemagne au premier trimestre a montré un ralentissement plus fort que prévu sur la période de la première économie de la zone euro, en attendant les chiffres de la croissance pour l'ensemble de l'union monétaire et la publication de l'indice allemand ZEW du sentiment des investisseurs. (09h00 GMT).

Pour le PIB de la zone euro, les économistes interrogés par Reuters s'attendent à la confirmation d'un taux de croissance à 0,4%, après les hausses trimestrielles de 0,7% observées au cours des trois trimestres précédents.

Ce ralentissement perceptible en Europe fait écho aux inquiétudes concernant l'économie chinoise. Les statistiques du jour en provenance de la deuxième économie mondiale ont été mitigées : la croissance des investissements et celles des ventes au détail en avril ont été inférieures aux attentes bien que la production industrielle ait progressé plus que prévu.

L'indice composite de la Bourse de Shanghai est parvenu à effacer ses pertes initiales pour gagner 0,58% mais le Hang Seng à Hong Kong a abandonné 1,13%. Les inquiétudes relatives à l'activité économique ont relégué au second plan l'annonce par le fournisseur d'indices MSCI de l'intégration prochaine de 234 grandes capitalisations chinoises dans ses indices mondiaux et régionaux.

La tendance sur les marchés chinois a aussi été pénalisée par les propos de l'ambassadeur des Etats-Unis en Chine, Terry Branstad, qui a indiqué que les positions de Washington et Pékin sur le commerce étaient encore "très éloignées".

LE 10 ANS AMÉRICAIN REPASSE 3%

Les négociations commerciales entre les deux premières puissances économiques mondiales restent en toile de fond des marchés d'actions depuis plusieurs semaines, les investisseurs oscillant entre la crainte d'une guerre commerciale ouverte et l'espoir d'une issue négociée.

Lundi, l'aide promise par Donald Trump au géant chinois des hautes technologies ZTE, dont la survie est menacée par des sanctions américaines, ont alimenté l'optimisme sur un apaisement des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine.

Wall Street a ainsi fini en petite hausse, le Dow Jones ayant gagné 0,27% et le S&P 500 0,09%.

En Asie, Tokyo a abandonné 0,21% et l'indice MSCI regroupant les valeurs d'Asie et du Pacifique (hors Japon) cède 0,26%.

Sur le marché des changes, l'euro se stabilise autour de 1,1920 dollar après avoir frôlé la veille le seuil de 1,20 dollar, dopé par les propos du gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, sur la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) et l'inflation.

Ces déclarations ont également provoqué une remontée du rendement du Bund allemand à 10 ans, qui grimpe mardi à 0,625%, un plus haut depuis la fin avril.

Le rendement des Treasuries de même échéance a dans le même temps rebondi au-delà du seuil de 3%, favorisé par la détente sur le front commercial entre Washington et Pékin.

Cette remontée des rendements américains nourrit un rebond du dollar, qui évolue en hausse mardi de 0,15% face à un panier de devises de référence.

Sur le marché pétrolier, le cours du brut se stabilisent après leur remontée de la veille, consécutive à la publication du rapport mensuel de l'Opep annonçant que le marché était quasiment désengorgé. Le baril de Brent cote à plus de 78 dollars et le baril de brut léger américain (WTI) avoisine les 71 dollars.

(Édité par Blandine Hénault)


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