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Le vin bio progresse fortement mais reste un marché de niche

Le vin bio progresse fortement mais reste un marché de niche
Crédit photo © Reuters

par Pascale Denis et Sybille de La Hamaide

PARIS (Reuters) - Les ventes de vin bio devraient progresser de près de 10% par an d'ici à 2022, tout en restant un marché de niche qui représentera, à cet horizon, 3,6% des ventes mondiales de vins tranquilles, selon les estimations de l'institut IWSR.

Porté par l'engouement des consommateurs pour des produits sans pesticides et jugés plus sains, le vin biologique a vu ses ventes grimper de plus de 14% par an entre 2012 et 2017 et devrait voir sa progression annuelle encore atteindre 9,2% au cours des quatre prochaines années.

Le marché devrait ainsi totaliser un milliard de bouteilles d'ici à 2022, contre 676 millions en 2017 et seulement 349 millions en 2012.

"La consommation mondiale de vins tranquilles bio ne représente que 2,4% du marché, il y a donc une importante marge de progression", a déclaré à Reuters Jose Luis Hermoso, directeur de recherche chez IWSR.

Si la consommation augmente à l'échelle mondiale, le phénomène reste principalement européen, l'Allemagne, la France le Royaume-Uni comptant pour la moitié du marché.

En France, deuxième marché derrière l'Allemagne et devant le Royaume-Uni, la croissance devrait rester nettement supérieure à la moyenne et atteindre 14% par an, pour une part de marché de 7,7% attendue en 2022.

Alors que la consommation de vin décroît dans l'Hexagone, celle des vins bio a doublé entre 2012 et 2017 et devrait encore être multipliée par deux, passant de 112 millions de bouteilles en 2017 à 207 millions en 2022.

"Il y a une prise de conscience de l'importance de l'écologie et un souci de mieux consommer", souligne le responsable d'IWSR.

Le marché français du vin bio est principalement tiré par une clientèle plutôt jeune et urbaine mais aussi par le développement de l'offre des grandes enseignes de distribution.

Leclerc, Carrefour ou Casino, tous dopent leur offre bio pour répondre à la demande.

Nombre de grands crus se sont aussi convertis au bio, notamment dans le bordelais, où quelque noms célèbres comme le prestigieux Château Latour, propriété du milliardaire François Pinault, ont franchi le pas.

Mais certains font marche arrière et renoncent à la viticulture biologique, estimant que le cuivre - pesticide autorisé permettant de lutter contre certaines maladies comme le mildiou - s'accumule dans les sols et devient toxique pour la microflore.

L'homologation du cuivre dans l'Union européenne arrive à échéance en 2019 et sa future utilisation est actuellement en débat.

"Nous sommes dans une phase d'incertitude sur ce sujet. Il y a un débat entre les pays d'Europe du Nord, plutôt favorables à l'élimination du cuivre, et ceux d'Europe du Sud qui estiment qu'il faut le garder", note Jose Luis Hermoso.

Le nombre de conversion de vignobles à la viticulture biologique ralentit quant à lui dans les principaux pays producteurs, avec une prévision de 545.000 hectares dédiés au bio en 2022, contre 408.000 en 2017 et 284.000 en 2012.

(Pascale Denis et Sybille de la Hamaide, édité par Jean-Michel Bélot)


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