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Le siège de Lafarge à Paris va fermer, 97 emplois supprimés

Le siège de Lafarge à Paris va fermer, 97 emplois supprimés
Crédit photo © Reuters

par John Revill et Gilles Guillaume

ZURICH/PARIS (Reuters) - Le cimentier LafargeHolcim, né de la fusion entre le français Lafarge et le suisse Holcim, a annoncé vendredi la fermeture de ses bureaux à Paris et Zurich, ce qui entraînera 97 suppressions d'emploi dans la capitale française.

Les postes restants au siège parisien de la rue des Belles Feuilles, dans le XVIe arrondissement - une centaine, selon une porte-parole - seront transférés à Clamart (Hauts-de-Seine) où se trouve le siège de Lafarge France, a ajouté LafargeHolcim dans un communiqué, confirmant des informations de Reuters.

Dans le cadre de cette réorganisation, qui constitue un volet du plan stratégique 2022 lancé en mars et devrait être achevée d'ici la fin de l'année, 107 emplois seront également supprimés à Zurich.

Les postes restants en Suisse seront transférés vers le site de Holderbank, à l'ouest de Zurich, là où l'ex-Holcim ouvrit sa première cimenterie en 1912, et vers de nouveaux bureaux à Zoug.

"Cette douloureuse mais nécessaire étape de simplification est primordiale pour créer un LafargeHolcim plus léger, plus rapide et plus compétitif", déclare dans le communiqué Jan Jenisch, directeur général du premier cimentier mondial.

LafargeHolcim se dit "en bonne voie pour atteindre son objectif annoncé de réduction des frais généraux de 400 millions de francs suisses (345 millions d'euros) d'ici le premier trimestre 2019".

Lafarge était installé dans son immeuble de la rue des Belles Feuilles depuis 1993 et la fermeture du siège risque de renforcer le sentiment déjà vivace en France que le pouvoir à la tête du groupe penche toujours un peu plus vers la Suisse, loin de la "fusion entre égaux" invoquée au début.

"L'annonce n'est pas vraiment surprenante car il y a déjà eu des plans de départs réguliers au siège ces dernières années", a déclaré à Reuters Sylvain Moreno, délégué CGT chez Lafarge. "Mais cette annonce nous dit bien que ce sont les Suisses qui ont les rênes du pouvoir."

AUCUN AUTRE SITE EN FRANCE CONCERNÉ

Le rapprochement entre LafargeHolcim, finalisé en 2015, prévoyait initialement une stricte parité avec deux coprésidents issus de chaque groupe et un directeur général proposé par Lafarge. Mais la partie française a été rattrapée par l'affaire des paiements à des groupes armés en Syrie pour maintenir une cimenterie en activité.

L'ex-PDG de Lafarge et coprésident de LafargeHolcim Bruno Lafont a ainsi renoncé à poursuivre ses fonctions, laissant la présidence au seul Suisse Beat Hesse, tandis que le directeur général de LafargeHolcim Eric Olsen a démissionné et a été remplacé par Jan Jenisch, de nationalité allemande mais venu d'une autre entreprise suisse, le groupe de chimie Sika.

Bruno Lafont et Eric Olsen ont été mis en examen fin 2017 "pour financement d'une entreprise terroriste".

L'autre grand équilibre au coeur de l'accord originel est un partage entre le siège opérationnel côté suisse et le centre de R&D à Lyon chez Lafarge. Il n'est pas remis en question aujourd'hui puisque LafargeHolcim souligne "qu'aucun autre site en France n'est concerné".

Pour Pernd Pomrehn, analyste à la banque zurichoise Vontobel, les fermetures annoncées traduisent la stratégie de Jan Jenisch, davantage axée sur l'échelon local.

"Il redonne maintenant aux régions davantage de responsabilités, ce qui requiert moins de supervision de la part de Zurich ou de Paris", a-t-il estimé.

LafargeHolcim emploie 80.000 personnes dans le monde, dont près de 5.000 en France.

L'action a nettement sous-performé en Bourse depuis la fusion, perdant 27% sur la période alors que l'indice Euro Stoxx 600 du secteur a gagné 32%.

Le titre LafargeHolcim cède vendredi 0,7% dans un marché suisse quasi inchangé.

(Edité par Dominique Rodriguez)


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