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Le procès de l'attentat manqué du Thalys s'ouvre à Paris

Le procès de l'attentat manqué du Thalys s'ouvre à Paris
Crédit photo © Reuters

par Tangi Salaün

PARIS (Reuters) - Le procès de l'auteur présumé d'un attentat manqué dans le train Thalys reliant Amsterdam à Paris en 2015 s'ouvre ce lundi à Paris devant une cour d'assises spécialement constituée.

Le 21 août 2015, Ayoub el Khazzani, un ressortissant marocain âgé de 25 ans à l'époque, avait embarqué à bord du Thalys en gare de Bruxelles avec une Kalachnikov, neuf chargeurs supplémentaires lui permettant de tirer 300 balles, un pistolet et un cutter, au plus fort de la vague d'attaques d'inspiration djihadistes orchestrées depuis la Syrie contre la France et la Belgique.

Un carnage avait sans doute été évité grâce à l'intervention de passagers qui avaient réussi à désarmer l'assaillant à mains nues et à l'immobiliser avant l'arrêt du train dans une gare du nord de la France et l'intervention de la police.

Parmi eux, Mark Moogalian, un Franco-Américain de 51 ans blessé d'une balle dans le dos après avoir arraché au suspect sa Kalachnikov alors qu'il sortait des toilettes, et des militaires américains en permission décorés par la suite par le président français François Hollande et dont l'acte de bravoure est passé à la postérité grâce au film de Clint Eastwood "Le 15h17 pour Paris".

Les anciens militaires américains - Spencer Stone et Alek Skarlatos - et leur ami Anthony Stadler pourraient assister au procès, selon leur avocat.

Clint Eastwood a lui aussi été convoqué en tant que témoin par l'avocate de l'assaillant présumé. Il est possible qu'il s'exprime par visioconférence, dit-on de source judiciaire.

LIEN AVEC LES ATTENTATS DU 13-NOVEMBRE

Après son arrestation, Ayoub el Khazzani avait d'abord nié les faits, affirmant avoir trouvé par hasard les armes dans une valise abandonnée. Selon la source judiciaire, il a reconnu par la suite avoir préparé une attaque visant uniquement, selon lui, des militaires américains, projet auquel il a dit avoir renoncé à la dernière seconde, juste avant d'être pris à partie par les passagers.

Pour le parquet national antiterroriste (Pnat), l'assaillant avait reçu ses instructions du djihadiste belge Abdelhamid Abaaoud, avec lequel il avait séjourné en Syrie au sein du groupe Etat islamique et avec lequel il serait rentré en Europe.

Le coordinateur présumé des attentats du 13-Novembre 2015 à Saint-Denis et Paris, dont la France vient de commémorer le cinquième anniversaire, a lui-même été tué par le Raid le 18 novembre dans un appartement de Saint-Denis où il s'était caché.

Ayoub el Khazzani est notamment poursuivi pour tentative d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste, des charges passibles de la prison à perpétuité.

Trois complices présumés seront jugés à ses côtés par la cour d'assises composée de magistrats professionnels.

Le verdict devrait être rendu le 18 décembre si le procès ne connaît pas de contretemps, comme celui des attentats de Janvier 2015 à Charlie Hebdo et à l'Hyper Cacher, qui doit reprendre lui aussi ce lundi après deux semaines de suspension en raison de plusieurs cas de coronavirus chez les accusés.

(Édité par Blandine Hénault)


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