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Le président bolivien devrait pouvoir redécoller, sans Snowden

Le président bolivien devrait pouvoir redécoller, sans Snowden

par Angelika Gruber et Daniel Ramos

VIENNE/LA PAZ (Reuters) - L'avion du président bolivien Evo Morales devrait pouvoir redécoller rapidement à destination de la Bolivie après avoir été contraint à une escale imprévue à Vienne à son retour de Moscou, a déclaré mercredi le président autrichien Heinz Fischer.

La France et le Portugal ont brutalement fermé leur espace aérien mardi soir en raison de rumeurs selon lesquelles Edward Snowden, l'ex-consultant de la National Security Agency (NSA) à l'origine des révélations sur les pratiques de surveillance et d'écoutes du renseignement américain, se trouvait à son bord.

Des responsables boliviens et autrichiens ont démenti sa présence à bord. Le vice-chancelier autrichien a précisé que l'avion avait été inspecté et qu'aucun passager clandestin n'avait été trouvé à bord.

Evo Morales a dit ne plus attendre que l'autorisation d'emprunter l'espace aérien espagnol, après avoir refusé une demande d'inspection de son appareil par des responsables de l'ambassade d'Espagne à Vienne.

"Nous attendons l'autorisation du gouvernement espagnol pour poursuivre notre vol", a-t-il dit.

Le président Heinz Fischer avait estimé peu auparavant que rien ne s'opposait au départ du président bolivien.

"Le plan de vol est normal, pour autant que je sache", a-t-il dit à la presse à l'aéroport de Vienne. "L'espace aérien espagnol est aussi ouvert. (Morales) va reprendre rapidement son voyage."

"INTIMIDER LA BOLIVIE"

Les autorités boliviennes ont dénoncé un "mensonge" destiné selon elles à faire pression sur La Paz.

"Nous avons déterminé qu'il semblait y avoir une rumeur infondée sur la présence de M. Snowden à bord de l'avion", a déclaré le ministre bolivien des Affaires étrangères David Choquehuanca. "Nous ne savons qui a inventé ce mensonge."

Son homologue de la Défense, Ruben Saavedra, a soupçonné le département d'Etat américain d'être derrière cette décision.

"Nous avons des soupçons sur le fait que ces pays ont été manipulés par une puissance étrangère, en l'occurrence les Etats-Unis, afin d'intimider l'Etat bolivien et le président Evo Morales", a-t-il dit.

Edward Snowden, recherché par Washington, a demandé l'asile à une vingtaine de pays, dont la Bolivie, mais toutes les portes semblent se refermer devant lui.

Coincé depuis le 23 juin dans la zone de transit de l'aéroport Cheremetievo à Moscou, où il est arrivé en provenance de Hong Kong, ce jeune homme de 30 ans qui travaillait auparavant à Hawaï se retrouve piégé dans des limbes juridiques.

Dans la nuit, les autorités boliviennes ont annoncé que la France et le Portugal avaient finalement donné leur feu vert à un survol de leur territoire, mais l'Italie et l'Espagne ont à leur tour interdit leur espace aérien.

Henri-Pierre André et Tangi Salaün pour le service français


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