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Le plan compétences renforcé par un volet "inclusion"

Le plan compétences renforcé par un volet "inclusion"
Crédit photo © Reuters

STRASBOURG (Reuters) - La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a annoncé à Strasbourg le lancement d'un appel à projet pour développer et multiplier les initiatives innovantes en matière d'insertion des personnes les plus éloignées de l'emploi et de la formation.

Ce programme intitulé "100% inclusion" s'adresse aux associations, entreprises d'insertion, organismes de formation et collectivités locales.

Il sera financé, sans limite prédéfinie, par l'enveloppe de 15 milliards d'euros que le gouvernement entend consacrer, sur cinq ans, au Plan d'investissement dans les compétences (PIC).

"La croissance arrive, elle est là, mais elle ne sera robuste et durable que si elle est riche en emplois et inclusive et que personne n'est laissé au bord du chemin", a déclaré la ministre à l'issue d'une visite de l'entreprise Envie.

Créée en 1984 à Strasbourg par le mouvement Emmaüs pour réparer et recycler des appareils électroménagers, Envie constitue aujourd'hui un réseau de 50 entreprises en France qui emploient 3.000 personnes dont 2.200 en insertion.

Un jury présidé par Eric Kayser, patron des boulangeries du même nom, qui ont essaimé dans le monde entier, se réunira tous les trimestres, à partir de septembre prochain, pour sélectionner des projets.

La ministre était à Strasbourg pour signer, avec Jean Rottner, président Les Républicains de la région Grand-Est, la douzième convention Etat-Régions du PIC qui doit permettre de former un million de jeunes et un million de demandeurs d'emplois supplémentaires d'ici cinq ans.

L'Etat ne signera pas de convention en 2018 avec Auvergne-Rhône Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Azur, deux régions qui avaient fortement baissé leur propre budget formation, pour éviter un effet de substitution, mais les financements seront apportés à Pôle-Emploi, a-t-on appris dans l'entourage de la ministre.

Dans le Grand-Est, le plan permettra de financer 12.000 formations en plus des 30.000 déjà programmées chaque année, soit une augmentation de 40%.

"Cela étant, il ne s'agit pas de faire du chiffre pour du chiffre. L'enjeu, c'est bien de construire des parcours de réussite, c'est-à-dire de construire des parcours de formation offrant de véritables parcours professionnels", a relevé Jean-Rottner en insistant sur les compétences des régions dans ce domaine.

"Pour nous, il y a un sentiment de renationalisation alors qu'il faudrait plus décentraliser", a-t-il ajouté, se faisant le porte-parole de l'Association des régions de France qui acceptent mal d'être privées d'une partie de leurs capacités de financement de l'apprentissage par la réforme en cours.

"L'apprentissage est là où on a le plus à faire parce que c'est là où on est le moins bon", a affirmé Muriel Pénicaud, précisant que le problème n'était pas qualitatif mais quantitatif, avec seulement 400.000 jeunes, soit 7% d'une classe d'âge, qui suivent cette filière.

"Tous les pays qui ont vaincu le chômage de masse des jeunes, ils ont non pas 7% mais 15, 20, 30% des jeunes qui passent par l'apprentissage", a-t-elle ajouté.

Dans le débat qui a agité le gouvernement sur la nécessité ou non de baisser les dépenses sociales, dans un contexte de diminution de la dépense publique, Muriel Pénicaud a donné son point de vue en défendant son plan.

"C'est la protection sociale active. La meilleure protection contre le chômage c'est la compétence", a-t-elle dit sur CNEWS.

(Gilbert Reilhac, avec Caroline Pailliez à Paris, édité par Elizabeth Pineau)


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